AQUÆ
Image default
Original

Asie : huit siècles d’histoire fluviale révélés par les cernes des arbres

Temps de lecture : 2 minutes

Une reconstitution des fluctuations du débit des cours d’eau asiatiques sur les 800 dernières années a pu être réalisée à travers l’analyse des cernes darbres. Cette découverte permet d’envisager un développement et une gestion hydrique plus responsable en Asie. 

Des chercheurs de l’University of Technology and Design de Singapour ont publié dans la revue scientifique Water Resources Research leurs travaux sur la variation des débits des rivières en Asie du SudCette fluctuation représente un enjeu majeur, car 2 milliards de personnes dépendent de cette ressource en eau et toute « diminution de débit des rivières peut avoir un impact socio-économique et sanitaire » désastreux. Ces recherches visent à mieux comprendre l’évolution des cours d’eau à travers le temps, afin d’améliorer la gestion à long terme des ressources hydriques dans ces régions. 

Des fluctuations homogènes des cours d’eau 

Selon l’étude réalisée par Nguyen Tan Thai Hung, doctorant en ingénierie des systèmes et de la conception en gestion des ressources d’eau, le changement de débit des fleuves serait étroitement lié à la moussonLe chercheur a observé les fluctuations de 41 rivières asiatiques, étendues sur 16 pays, de 1200 à 2012« Nos résultats révèlent que les fleuves d’Asie se comportent de manière cohérente. De grandes sécheresses et de grandes périodes pluviales se sont souvent produites simultanément dans les bassins adjacents ou voisins », explique-t-il 

La relation entre le phénomène de mousson et les modifications du débit hydraulique dans ces régions disparaît cependant à certaines époques, notamment au début du 20e siècleCette variabilité dépend également d’autres facteurs tels que les océans, la surface continentale (humidité du sol) ou encore les éruptions volcaniques.  

Des données récoltées dans les cernes des arbres 

Les études visant à reconstituer l’évolution du débit des cours d’eau restent raresEn effet, les données nécessaires sont difficilement accessibles, notamment celles enregistrées dans les cernes d’arbres qui demandent des essences spécifiques. 

LAsie du Sud compte néanmoins plusieurs sites avec des espèces d’arbres appropriées. Les informations récoltées à partir de ces sources sont combinées à celles recensées par l’indice de sévérité de la sécheresse de Palmer (PDSI) sous la forme d’un ensemble de données quadrillées appelé Monsoon Asia Drought Atlas (MADA). 

Un enjeu de développement pour l’Asie du Sud 

Pour Stefano Galelliautre scientifique chargé de cette étude, « cette recherche est d’une grande importance pour les décideurs politiques. Nous devons savoir où et pourquoi le débit des rivières a changé au cours du dernier millénaire pour prendre de grandes décisions sur les infrastructures dépendant de l’eau ». 

Les informations recueillies pourront alors servir pour la construction de lASEAN Power Grid (APG), un réseau de centrales hydroélectriques, thermoélectriques et d’énergie renouvelable dans les pays de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est). « Nos archives montrent que les méga-sécheresses ont frappé simultanément plusieurs sites de production d’électricité. Nous pouvons donc maintenant utiliser ces informations pour concevoir un réseau moins vulnérable lors d’événements extrêmes », précise le chercheur. Cette étude répond ainsi à un nouvel enjeu de développement des infrastructures en Asie du Sud 

 © Wal_172619

À lire aussi...

De la vie sous la banquise en Antarctique

TEAM AQUAE

Un observatoire sous-marin en forme de baleine

TEAM AQUAE

Hadrien, l’empereur qui aimait l’eau

TEAM AQUAE

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Translate »
X