Arrêter de fumer : les recommandations 2014 de la HAS

HAS_logoLe tabac demeure un fléau inégalé de santé publique qui tue un fumeur régulier sur deux et fait perdre 20 à 25 ans d’espérance de vie. C’est la première cause de mortalité évitable en France. Les professionnels de santé – au premier rang desquels les médecins généralistes – doivent devenir de véritables partenaires anti-tabac des fumeurs qui veulent arrêter. Ils doivent engager une démarche active auprès de leur patient fumeur quel que soit le motif de consultation. La HAS fait le point sur les méthodes d’arrêt efficaces ainsi que sur la cigarette électronique. Considérant que les professionnels de santé sont insuffisamment informés et formés, la HAS propose des outils pratiques pour les aider à suivre et accompagner leurs patients.

Les dernières recommandations sur le sevrage tabagique dataient de 2003. La HAS publie aujourd’hui ses nouvelles recommandations de bonne pratique adaptées à chaque étape traversée par le fumeur : des premières intentions d’arrêt du tabac jusqu’au maintien de l’abstinence.

Le facteur clé de réussite : l’accompagnement par son médecin traitant
97% des fumeurs qui essaient d’arrêter sans aucune aide échouent. L’accompagnement par le médecin traitant doit être au centre de la démarche d’arrêt du fumeur. La HAS recommande aux médecins généralistes de dépister le statut tabagique de chaque patient et surtout de conseiller systématiquement l’arrêt du tabac de manière concrète et précise. Interlocuteur privilégié des patients, le médecin généraliste est le professionnel clé pour concrétiser leur souhait d’arrêter de fumer, accompagner et soutenir les fumeurs et empêcher les rechutes. Ce suivi doit faire l’objet de consultations dédiées permettant de délivrer un soutien psychologique, des conseils personnalisés et un suivi médical, conditions d’une plus grande réussite.

Les traitements efficaces pour arrêter de fumer
L’accompagnement par le médecin traitant peut être complété par des traitements à base de nicotine (patchs, gommes, comprimés à sucer, inhalateurs, sprays buccaux). Ces traitements, dont l’efficacité a été réévaluée dans le cadre de cette recommandation, sont les traitements de première intention et seront prescrits et adaptés après évaluation de la dépendance au tabac du fumeur. Les médicaments varénicline et bupropion ont leur place dans la prise en charge de l’arrêt du tabac et sont à prescrire en seconde intention.

Quelle place pour la cigarette électronique ?
La cigarette électronique n’est pas recommandée à ce jour comme outil d’aide à l’arrêt du tabac, car son efficacité et son innocuité n’ont pas été suffisamment évaluées à ce jour. La HAS considère en revanche que, du fait de sa toxicité beaucoup moins forte qu’une cigarette, son utilisation chez un fumeur qui a commencé à vapoter et qui veut s’arrêter de fumer ne doit pas être découragée. La HAS recommande au fumeur d’en parler avec son médecin traitant qui lui proposera une stratégie personnalisée et adaptée pour arrêter de fumer.

Des outils pour faire de chaque professionnel de santé un acteur du sevrage tabagique
Actuellement peu formés et informés sur les spécificités du sevrage tabagique, la HAS met à disposition des médecins, sages-femmes et de tout professionnel de santé en contact avec des fumeurs, des outils pratiques et opérationnels (questionnaires, algorithmes, échelles d’évaluation, fiches pratiques, etc.). Ces outils doivent leur permettre de devenir des partenaires incontournables de chaque fumeur et de réussir les 4 étapes clé vers le sevrage : dépister la consommation de tabac de leurs patients, évaluer la dépendance et la motivation à l’arrêt, accompagner l’arrêt de manière efficace et proposer le meilleur suivi pour prévenir les rechutes.

Source : communiqué de presse

Posté le 24 janvier 2014 dans la catégorie FLASH INFOS
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