L'oeil de l'expert
L'ŒIL DE L'EXPERT - Gérard André - Pour capter de nouvelles clientèles, … inventons un nouvel aqualudisme.

Gérard André

Gérard André est partenaire-fondateur de la société suisse TEMPO HOSPITALITY CONSULTING SA. Il en préside le Conseil d’administration.
Depuis plus de vingt-cinq ans spécialiste des domaines du bien-être et du tourisme, il apporte ses compétences particulièrement en étude et analyse de faisabilité, en conception, programmation, réalisation et lancement de projets, (…)
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Pour capter de nouvelles clientèles, … inventons un nouvel aqualudisme.

Dans le cadre de l’édition 2016 de Piscine Global à Lyon, AQUAE proposait aux professionnels venant à ce rendez-vous international, un atelier-conférence ayant pour thème « développer une offre aqualudique et conquérir de nouvelles clientèles ».

À déambuler dans les allées du salon et à voir les équipements exposés en grande quantité et d’une qualité chaque fois plus éprouvée, ainsi que les visiteurs très nombreux avec une forte participation des étrangers, notamment chinois, il y aurait tout lieu de croire que cette industrie dispose d’un marché assuré et de clientèles conquises. Alors pourquoi questionner sur un tel sujet ? À y regarder de plus près, la concurrence est vive en Europe et il n’y a sans doute pas assez de clients pour tous ces industriels ; et moins encore pour certains autres métiers pourtant concernés. En France, les investissements publics dans le secteur de l’aqualudique se sont tassés ces dernières années. La décision de les entreprendre est généralement plus lente à être prise. Les explications sont connues ; cependant, toutes ne sont pas de bonnes raisons.

Pour Emmanuel Duval d’Atout France, l’aqualudique est un univers à la croisée de plusieurs chemins et recouvre des notions ou des concepts tels l’amusement, la perception de sensations, la relaxation, à la frontière du sport et du bien-être ; écartant de fait la natation, les cures thermales et en thalasso. L’eau est au cœur de nombreuses offres touristiques. Pour autant, si la France peut se prévaloir d’être la première destination touristique, ses visiteurs sont très peu nombreux à la choisir pour cette offre particulière.

La France dispose d’environ 3 000 piscines publiques recevant annuellement plus de 400 millions d’utilisateurs. En 2015, les 23 parcs aquatiques ont généré un chiffre d’affaires de € 70 M. ; et les principaux centres aquatiques, hors ceux intégrés dans des campings ou des villages-vacances, plus de € 240 M. Les équipements artificiels spécifiques sont certes tout à fait valables ; mais, pas d’une originalité remarquable, de nature à motiver seuls le but du voyage. Ils ne « constituent pas la destination ». La situation actuelle semble se caractériser par une multitude d’engagements, très majoritairement d’envergure limitée ; et peu d’investissement dans la création d’infrastructures importantes. Il s’agit plus de rénovations ou de renouvellement. Les « créations » sont fréquemment des adjonctions à des centres nautiques ou des piscines publiques existant ; plus des « copier-coller » trop souvent sans originalité ou bien peu innovants, excepté peut-être au niveau purement architectural où, là, la créativité s’exprime encore.

Plutôt satisfaisants pour leurs promoteurs publics et, bien sûr en premier lieu pour les utilisateurs de proximité, ces installations complémentaires ne sont pas un vecteur potentiellement en mesure d’attirer de nouvelles clientèles, touristiques notamment, et génératrices de retombées commerciales induites significatives.

L’aqualudique est un produit – vecteur potentiel de clientèle. Néanmoins, avant de choisir et de décider, beaucoup de ces mêmes promoteurs semblent oublier qu’il y a une discipline de l’investisseur : il faut se poser, comme l’on dit, les bonnes questions.  Que voulons-nous ? Avons-nous une clientèle ou quelle clientèle visons-nous ? La demande évolue. Pourrait-elle changer ? … opter pour un concept fort, innovant et différenciateur ; pour un positionnement clair, pour un programme attractif et évolutif, … !

Bref, le potentiel d’avenir est conditionné à des choix et à une stratégie.

Delphine Carnet de l’UCPA relevant les objectifs des « pratiquants aquatiques », remarque que l’envie de loisir arrive en tête (32%) ; puis, la remise en forme (27%) et le bien-être (23%). Elle considère à raison que le développement réussi d’une offre aquatique suppose d’avoir un véritable projet, avec une méthodologie, un plan d’action, une stratégie de mise en place et des objectifs identifiés. L’UCPA accueille par an plus de 3 millions de pratiquants sportifs, dans une ou plusieurs activités, soit autant de possibilités de dépassement de soi, de sources de sensations et d’émotion, de sociabilité et de bien-être. L’UCPA déploie sa réflexion sur l’innovation dans la pratique sportive et sur des projets où l’expérience client trouve pleinement sa place.

Les équipements aquatiques doivent bien sûr être rénovés. Cependant, l’aqualudique doit pouvoir désormais attirer de nouvelles clientèles ou motiver ses clientèles existantes en ayant une offre renouvelée, novatrice, et ainsi assurer une utilisation plus complète des installations, et donc une meilleure rentabilisation des investissements consentis. Les opérateurs et les autres acteurs du secteur peuvent développer une offre capable de servir des clientèles identifiées. Il s’avère opportun, voire indispensable de réfléchir et de découvrir des concepts nouveaux, correspondant à des attentes de plus en plus émergentes, et bien réelles à l’horizon des dix ou vingt ans qui viennent, en particulier pour les silvers et une part des touristes en séjour sur plusieurs jours.

L’activité physique pratiquée en piscine de manière ludique a montré le chemin. Pour autant, il y a plus d’une voie, et l’on n’est pas encore arrivé à destination. Qui sait, est-ce peut-être un peu pour cela que l’aqualudique n’est pas encore le but de la destination ?

Posté le 28 novembre 2016 dans la catégorie Carte blanche

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