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Société

L’ANM et les thérapies alternatives

Temps de lecture : 2 minutes

D’après le rapport de l’Académie nationale de médecine présenté le 6 mars 2013, les médecines alternatives ne devraient être utilisées que dans quelques situations très précises.
Dans un rapport intitulé Thérapies complémentaires – acupuncture, hypnose, ostéopathie, tai-chi – leur place parmi les ressources de soins et présenté le 6 mars dernier, l’Académie de médecine insiste sur le fait que les médecines alternatives, énoncées dans le titre de son document, ne devraient être utilisées que dans quelques situations très précises, comme le traitement de certaines douleurs ou la prévention des effets secondaires des chimiothérapies.
Méthodes adjuvantes
Pour les auteurs du rapport, médecins et membres de l’instance conseillère des pouvoirs publics, Daniel Bontoux, Daniel Couturier et Charles-Joël Menkès, ces pratiques doivent rester des méthodes adjuvantes, pouvant compléter les moyens de la médecine dans des moments particuliers. Ils citent les troubles fonctionnels dominés par la douleur dans lesquels les thérapies complémentaires pourraient apporter « un petit plus », comme les maux de dos, de cou ou de la tête « à condition de ne pas avoir une lésion grave ». Ils mentionnent également le traitement des effets secondaires des chimiothérapies – comme les nausées ou les vomissements – pour lesquels les thérapies alternatives permettent d’éviter la prise de médicaments supplémentaires.
Risque de dérives
Mais pour l’Académie, il n’est pas ques- tion de recourir aux thérapies complé- mentaires sans un avis médical ou en premier recours. Lesquelles doivent « être préconisées dans les cas où leur utilité est plausible et au terme d’une
démarche médicale ». Le document fait également le lien avec le risque de « dérive sectaire, avec éloignement définitif de la médecine conventionnelle » qui a été dénoncé notamment devant la commission d’enquête mise en place par le Sénat pour étudier l’influence des mouvements à caractère sectaire dans le domaine de la santé.
Peu de preuves concluantes
Les quatre médecines complémentaires retenues par l’Académie pour rédiger son texte ont fait l’objet de recherches menées par les médecins-rédacteurs. Ils ont auditionné une douzaine de personnalités et ont passé en revue les études existantes sur ces thérapies sans parvenir à une « conclusion formelle sur leur efficacité ». Des effets bénéfiques leur sont toutefois reconnus : les thérapies manuelles, essentiellement ostéopathie et chiropraxie, pour les douleurs du dos ou du cou, ainsi que de céphalées ou de migraines, l’acupuncture sur l’arthrose des membres inférieurs, l’hypnose contre les nausées liées aux chimiothérapies, et le tai-chi dans toutes les maladies « sensibles à l’exercice physique », comme les pertes d’équilibre.
Création d’une base de données
L’Académie de médecine préconise par ailleurs la création d’une base indépendante de données pour l’information du public sur les thérapies complémentaires et demande à la Haute Autorité de santé de « veiller aux bonnes pratiques » et d’actualiser les contre-indications de ces thérapies pour éviter la prise de risque encourue par leur manque d’encadrement.
Ce rapport de l’ANM intervient alors que l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris vient d’engager une réflexion, avec évaluation, sur la place au sein de l’hôpital de 4 médecines complémentaires (acupuncture, hypnose, thérapies manuelles et tai-chi).

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