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Société

Qualité et sécurité de l’eau en Europe

Temps de lecture : 2 minutes

L’OCDE évalue, dans un rapport récemment publié, le niveau de risque acceptable concernant les inondations ou l’approvisionnement en eau potable.
Dans Water Security for Better Lives, titre de ce texte de 167 pages et datant du 2 septembre dernier, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) demande aux gouvernements d’accélérer leurs mesures visant à améliorer l’efficacité des systèmes de gestion de l’eau et à réduire les répercussions de la demande mondiale accrue ainsi que les pénuries et les inondations provoquées par le changement climatique. Selon le document, 40 % de la population mondiale vivra dans des régions soumises à un stress hydrique prononcé d’ici 2050 et près de 20 % pourrait être victime d’inondations. D’un point de vue économique, les actifs menacés par les crues devraient atteindre environ 35 000  milliards d’euros en 2050.
Inondations, prévenir les risques
La situation diffère toutefois selon les pays : tandis que la demande en eau devrait diminuer dans la zone OCDE (de 1 000 km3 en 2000 à près de 900 km3 en 2050), elle augmentera dans les BRIICs (de 1 900 km3 en 2000 à 3 200 km3 en 2050) et le reste du monde (de 700 km3 en 2000 à 1 300 km3 en 2050). Selon une publication (Brown et Lall, 2006) il existerait une corrélation entre la variabilité des précipitations et le PIB (produit intérieur brut).
En Europe, ces risques sont arrivés sur le devant de la scène au cours de l’été 2013 lorsqu’une grande partie du continent était sous les eaux. L’Elbe, le Danube et la Vltava sont sortis de leur lit, ce qui a causé 3 milliards d’euros de dégâts en Allemagne, en Autriche et en République Tchèque.
Pour l’OCDE, une première étape indispensable consiste à une évaluation scientifique des risques (exposition et vulnérabilité des populations, des écosystèmes et des activités) ainsi que la compréhension de leur perception. De même, elle recommande de favoriser des structures de gouvernance mettant l’accent sur la coordination des prises de décisions (par des groupes de travail interministériels, par exemple).
Qualité de l’eau
L’OCDE explique également que la mauvaise qualité de l’eau constitue un risque pour l’Union européenne. Elle demande aux États membres de se conformer aux normes européennes, sur les substances chimiques, par exemple, et appelle à des exigences plus strictes. Elle souhaite notamment que des zones protégées soient introduites pour la préservation d’habitats de zones humides uniques et de valeur, de ressources en eau potable et d’eaux de baignade.
Directive-cadre sur l’eau
Face à cette mise en garde de l’OCDE, la Commission européenne a rappelé, sur son site d’information Euractive.com, les travaux mis en œuvre sur la réglementation européenne quant à la qualité de l’eau. À l’appui, le plan d’action publié en 2012 en faveur d’un durcissement de l’application de la directive-cadre sur l’eau, vieille de 12 ans, en guise de réponse de la Commission aux gouvernements nationaux ne respectant pas leurs engagements. Environ 48 % des cours d’eau et des lacs dans l’UE n’obtiendraient pas le statut de « bon état écologique » d’ici 2015, comme prévu par la législation européenne. Ainsi que le programme « Facilité Eau » qui se concentre sur l’assainissement dans les pays en développement les plus vulnérables (pays d’Afrique, Caraïbes et Pacifique). Enfin pour les inondations, elle met en avant le rôle de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) qui veille aux risques qui y sont liés.

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