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Tourisme

Jean-Jacques Gauthier – Directeur de la société Amphorm – Intervenant dans le cadre des Entretiens internationaux du tourisme du futur

L’eau, une question d’avenir

La cure sera-t-elle un luxe en 2050 ?

La cure « traditionnelle » utilisant l’eau et le service d’un praticien sera, à l’évidence, un luxe, car ces deux composantes vont certainement devenir de plus en plus onéreuses : l’eau (quantité limitée) devant nourrir une planète toujours plus en demande (démographie en hausse) et le service à la personne étant un domaine très recherché.
On peut néanmoins penser que d’autres types de cures vont voir le jour en proposant de nouveaux formats de soins ; l’emploi de nouvelles technologies pour piloter des « machines de soins » (dans le prolongement des tables de massage hydractives) ou encore le recours à des objets connectés (Diacalm/Melomind) font leur apparition et transforment notre vision de la cure proposée actuellement.
On peut aussi imaginer des robots capables d’analyser les besoins de la personne, de programmer et de piloter les soins nécessaires (avec un accompagnement humain très modeste) afin de minorer le coût de la cure qui, ainsi, ne sera pas réservée uniquement à une élite avantagée financièrement.
On aura toujours recours à l’eau dans les cures, mais cela se fera en préservant cette ressource et en limitant les rejets polluants. L’utilisation de machines dites « en eau sèche » se servant des propriétés physiques de l’eau (poussée d’Archimède et pression hydrostatique), mais avec une quantité d’eau fixe et non (ou très peu) renouvelée est certainement un axe de développement : les bienfaits physiques de l’eau, sans consommation excessive et sans gaspillage ou pollution… Une solution pour démocratiser l’emploi de l’eau, profiter de ses bienfaits et éviter des coûts de soins trop élevés (il s’agit souvent de machines mains libres, sans prestation humaine).

À qui appartiendra l’eau en 2050 ?

En 2050, l’eau ne devrait plus être possédée, mais plutôt devenir un bien de l’humanité sous la tutelle d’une instance internationale responsable, qui aurait pour mission de gérer son utilisation et sa distribution, et de s’assurer de sa préservation selon les besoins de la planète.
Il n’est pas souhaitable que l’eau soit gérée par des industriels privés, ce afin d’éviter toute spéculation et surenchère et de permettre, de fait, à une minorité d’en bénéficier. Un accès et une répartition égalitaires éviteront les conflits ou les luttes d’influence.
Le prix de l’eau pourrait être calculé en fonction des besoins financiers nécessaires à sa préservation en tant que ressource et à l’entretien des réseaux.
Une vision peut être utopique de l’avenir, mais qui garantit à tous un accès à l’eau et à ses bienfaits.
Céder l’eau pour s’en servir comme source d’énergie est une éventualité possible, mais seulement si les besoins vitaux en eau des habitants de la planète sont assurés. Faute de quoi, il faudra trouver d’autres ressources (ex : éoliennes, courants marins, etc.).

Comment évolueront les soins de santé et de bien-être ?

On peut espérer que les soins de santé et de bien-être seront beaucoup plus développés, plus abordables et feront partie intégrante du quotidien.
En 2050, ces soins seront certainement « en utilisation courante » pour prévenir la survenue de pathologies et prolonger la vie physique et cognitive.
Les soins de santé et bien-être se positionneront dans une politique de prévention tel un investissement pour éviter l’apparition de pathologies aiguës, chroniques ou dégénératives (aux coûts onéreux). Le fait de pratiquer régulièrement des soins de santé et de bien-être s’inscrira dans une prévention utile à l’individu et, par conséquent, à la société tout entière (investissement et prise en charge moindres des pathologies aiguës et des pathologies du vieillissement).
Avoir recours à des soins de santé bien-être de façon régulière, gage d’une bonne santé, pourrait certainement aussi être pris en compte par les assurances. Pour permettre des coûts d’assurance moins élevés (bonus), la surveillance active (par tracker d’activité ou de mode de vie) de ces soins sera prise en considération.
Le type de soins prodigués sera assurément très différent de ce que l’on réalise aujourd’hui. Les soins de santé bien-être devront être plus pertinents, plus efficaces et mieux adaptés aux besoins.

Les soins connectés se développeront de façon importante et apporteront de nouvelles pratiques, encore inconnues aujourd’hui. Le fait d’analyser en temps réel certains paramètres physiques, physiologiques et/ou biochimiques grâce à des applications connectées pourra générer une prescription immédiate de soins de prévention santé bien-être ; ces soins étant eux-mêmes conduits par des applications numériques guidant des machines robotisées.

COMPTE-RENDU DES EITF

Rien ne paraît devoir empêcher le tourisme de se développer, mais il devra se réinventer avec un niveau d’éthique qui soit à la hauteur des enjeux de l’humanité. Nous dépasserons les 5 milliards de passagers dans le monde et la France pourrait accueillir 100 millions de touristes d’ici deux ou trois ans. Pour bien les recevoir, nous devrons engager des transformations responsables, éthiques et durables.
Pour autant, cette industrie, qui s’appuie sur des acteurs majeurs, est portée par une multitude d’entreprises innovantes qui œuvrent chaque jour à leur échelle au rayonnement de leur territoire et de leur pays. Ce maillage est la force du tourisme aujourd’hui et le sera davantage demain.
Néanmoins, l’enjeu est ailleurs : dans une période de croissance des flux sans précédent, dans un monde parfois déchiré causant des déplacements de populations massives, face à une concurrence toujours plus vive et à une accélération de la digitalisation des modèles traditionnels, il devient prioritaire de gérer ce développement de façon durable et éthique ; c’est à dire en étant garant de la préservation des écosystèmes environnementaux, principale ressource dans l’univers des voyages.

C’est dans ce contexte que les EITF, présidés par Christian Mantéi (président d’Atout France), ont réunis experts et participants venus d’Europe, des États-Unis, du Japon, de Chine, etc. parmi lesquels on peut citer Karima Delli (présidente de la commission tourisme au Parlement Européen), Anita Mendiratta (conseillère spéciale de UNWTO), Guillaume Cromer (président d’ATD), Mikiko Sakamoto (DC de RTRI), Carlo Ratti (directeur du MIT), Benoit Chang (directeur général d’Europacity), Javier Cedillo Espin (directeur général de Onefinestay) ou encore Christophe Mathieu (directeur général de Brittany Ferries).
Les travaux ont été ouverts par Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État en charge du tourisme, qui a participé à plusieurs des conférences tout au long de la première journée.
Entre autres sujets traités, le thermalisme et le bien-être ont été abordés au cours d’un entretien de l’imaginaire ayant pour sujet « le tourisme de bien-être et de santé pourrait-il se passer d’eau en 2050 ? » animé par Yoël Mansfeld (Université d’Haïfa – Israël), Jean-Jacques Gauthier (président de SPAS) et de Gérard André (président de Tempo).
Avec l’eau et quelle que soit son utilisation, il est évident qu’il faut désormais raisonner différemment. Le développement durable dans le tourisme de demain doit être la conscience de tous.

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