26 mai 2020
AQUÆ, le journal BtoB des filières Tourisme, Santé & Bien-être
Tourisme

L’Europe au chevet de la saison estivale

Temps de lecture : 3 minutes


À l’appui d’un package de communications à destination des États membres et des entreprises, la Commission européenne espère encourager la reprise de l’activité touristique et sauver la saison estivale.

À l’heure où de nombreux pays européens ont entrepris leur déconfinement, la reprise de l’activité est dans tous les esprits. Parallèlement, commence à s’installer au sein des foyers la question des vacances d’été. Une période cruciale pour le tourisme européen : cette phase estivale engendre habituellement 385 millions de voyages et 190 milliards d’euros de dépenses, uniquement de la part des résidents de l’UE.

L’écosystème dans son ensemble, qui participe à 10 % du PIB européen et représente une source de revenus majeure dans de nombreux pays, a été particulièrement affecté par la crise liée à la pandémie de COVID-19 et les mesures adoptées pour l’endiguer. Comme le commissaire européen chargé du marché intérieur, Thierry Breton, le souligne, « des millions de PME et d’entreprises familiales travaillant dans le secteur de l’hébergement, les restaurants, le transport de voyageurs et les agences de voyages risquent de faire faillite et de perdre des emplois. Elles doivent reprendre leurs activités de toute urgence ».

Dans ce contexte, la Commission européenne estime que la relance du tourisme est une priorité. Et, alors que de nombreux États, dont la France, ont prolongé la limitation de déplacements transfrontaliers entre pays membres au moins jusqu’à la mi-juin, elle affirme que la levée de ces restrictions fait partie des premières mesures permettant la reprise. 

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Un ensemble d’orientations a donc été présenté le 13 mai. Les documents, regroupés dans un paquet intitulé « Tourisme et transport », se destinent aux États membres, ainsi qu’aux entreprises du secteur. Leur objectif est d’accompagner une approche commune de réactivation de la libre circulation. Le tout en protégeant la santé de la population : des critères sont également établis concernant les protocoles sanitaires. « Nous mettons en place les fondations pour relancer l’écosystème touristique et le marché intérieur de manière sûre et proportionnée afin de prévenir la réapparition du virus au sein de l’UE, tout en préservant notre mode de vie », déclare Margaritis Schinas.

Le nécessaire rétablissement de la liberté de circulation

Première étape, clé de la reprise, la liberté de circulation aux frontières intra-européennes, se trouve au cœur des orientations. La Commission prône une démarche progressive et coordonnée. Il ne s’agit pas de lever les restrictions de manière généralisée, mais plutôt de cibler les mesures. L’idée est de réduire les contrôles entre régions ou États dont la condition est similaire en matière de circulation du virus. Pour évaluer la situation épidémiologique, les gouvernements peuvent s’appuyer sur la carte réalisée par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, qui permet de suivre l’évolution de la pandémie. D’ailleurs, la Commission insiste sur la nécessité d’appliquer un principe de non-discrimination envers les pays : « lorsqu’un État membre décide d’autoriser les déplacements sur son territoire ou vers des régions ou des zones particulières de celui-ci, il devrait le faire de manière non discriminatoire, en autorisant les déplacements à partir de toutes les régions et zones ou de tous les pays au sein de l’UE qui connaissent des conditions épidémiologiques similaires ». Il en est de même pour les individus : la nationalité des résidents ne doit pas être un critère de restriction.

L’impérieuse sécurité de la population lors de la reprise 

Deuxième étape  : la réouverture des services touristiques. Une fois que les résidents et les citoyens sont autorisés à se déplacer, il est indispensable de pouvoir garantir leur sécurité d’un point de vue sanitaire, comme l’avait déjà identifié la Commission. Dans cette optique, des lignes directrices donnent des critères à remplir avant d’envisager cette reprise effective. Parmi eux : les capacités des systèmes de santé à prendre en charge la population locale et les touristes, ainsi que l’aptitude à dépister ou à tracer les contacts. En parallèle, les établissements d’accueil sont informés sur les protocoles pour préserver les clients et les employés. Procédures de distanciation physique et d’hygiène, actions en cas de suspicion de COVID-19 dans l’équipe, etc.

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Dans ce même objectif de protection de la population, les États membres sont invités à garantir l’interopérabilité transfrontalière des applications de traçage. Celle-ci, dans un cadre d’utilisation volontaire, transparent, anonymisé et temporaire, permet aux usagers d’être alertés, au cours de leurs déplacements, en cas d’infection, où qu’ils soient au sein de l’Union européenne.

L’indispensable accompagnement des entreprises 

Troisième étape : la relance des entreprises du tourisme. Consciente des difficultés auxquelles les sociétés sont confrontées, la Commission a d’ores et déjà adopté un certain nombre de mesures visant à relever la situation aujourd’hui et à pérenniser l’avenir.

« Aujourd’hui, nous proposons une approche européenne commune pour gérer une saison d’été 2020 qui s’annonce difficile, tout en préparant un futur écosystème touristique plus durable et fondé sur les technologies numériques », affirme Thierry Breton. Sécuriser la saison 2020 reste, certes, la priorité, mais pérenniser l’avenir fait aussi partie des préoccupations. L’institution rappelle donc que son attention se portera sur la transformation numérique des services. L’organisation d’une convention européenne du tourisme est d’ailleurs réaffirmée, regroupant l’ensemble de l’écosystème touristique.

Cliquez ici pour découvrir les lignes directrices concernant les services de tourisme et les établissements d’accueil.

© Nick Page – Unsplash

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