11 juillet 2020
AQUÆ, le journal BtoB des filières Tourisme, Santé & Bien-être
Carte Blanche

#JourdApres, la tribune de Géraldine Leduc : pour l’ANETT, l’engagement comme leitmotiv

Modifié le Temps de lecture : 3 minutes


Par Géraldine Leduc
Directrice générale de l’ANETT
(Association nationale des élus des territoires touristiques)


Tourisme et crise sanitaire :

une équation à résoudre pour l’ANETT et ses élus

La crise sanitaire que nous avons connue est sans précédent dans l’histoire récente. Son impact économique global est encore difficile à quantifier mais, pour le tourisme, les conséquences promettent d’être catastrophiques si l’été ne permet pas un « rattrapage ».

En effet, c’est certainement l’un des secteurs économiques les plus touchés, d’autant plus que la réduction des flux en provenance d’Asie a débuté dès la fin du mois de janvier. Première destination touristique mondiale, la France serait particulièrement impactée et connaîtrait une baisse de l’ordre de 40 milliards d’euros sur un total de 170 milliards de recettes.

La priorité du gouvernement a très vite été le soutien et l’accompagnement, à travers un plan massif de 18 milliards d’euros pour le tourisme, annoncé lors du Comité interministériel du tourisme du 14 mai.

Nous soutenons et saluons ces actions, que relaie Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État en charge du Tourisme. Nous participons au Comité de filière tourisme chaque mardi matin afin de suivre l’évolution et la reprise des activités. C’est un haut lieu d’échanges entre les acteurs du tourisme et le ministre.

Mais les élus des territoires touristiques s’interrogent sur la marge de manœuvre financière dont ils disposeront pour rebondir au mieux quand cela sera possible. 

En effet, les communes touristiques ont des charges spécifiques liées au dimensionnement de leurs équipements et de leurs infrastructures d’accueil et réalisent chaque année d’importants investissements. 

La baisse et le gel des dotations de l’État mettent nos communes dans une situation financière difficile, voire impossible, à gérer, car celles-ci doivent faire face aux charges d’emprunts et aux charges incompressibles de personnel. Et ceci en l’absence de recettes et de taxes (taxe de séjour, taxe sur les jeux, taxes sur les parkings, droits de mutation en baisse…).

Notre association n’a pas eu le temps de s’assoupir pendant le confinement :

L’ANETT a adressé plusieurs courriers au Premier ministre pour attirer son attention sur les difficultés financières rencontrées par les communes touristiques, puis pour obtenir un plan de déconfinement progressif clair, avec un calendrier précis de réouverture des espaces naturels, établissements et activités en lien avec l’industrie touristique.

Nous avons aussi saisi le Premier ministre sur l’ouverture partielle des casinos, qui concourent à l’animation des communes et participent à leurs finances locales.

L’ANETT a participé à de nombreuses auditions, dans le cadre de plusieurs commissions parlementaires : Assemblée nationale/Sénat : chaque réunion a été l’occasion de défendre nos stations sévèrement touchées. Son collège de parlementaires a été très actif.

Le Premier ministre a annoncé, le 29 mai, des mesures en faveur des collectivités locales.

Mais attention, il fallait attendre la traduction dans le 3e projet de loi de finances rectificative. Et là, si l’État dédie 750 millions d’euros aux municipalités à travers un mécanisme de compensation des recettes fiscales et domaniales, les communes vont devoir aussi participer financièrement. 

Illustrons ces propos par un seul exemple : l’article 17 de ce projet de loi propose l’exonération facultative des taxes de séjour en 2020 mais, dans ce cas, il n’y a pas de compensation par l’État. Rappelons simplement que c’est le client qui paie la taxe à l’hébergeur, qui la reverse à la collectivité.

De quoi alimenter les débats à l’Assemblée nationale et au Sénat : notre association surveille…

Durant le confinement, nous avons relayé toutes les actions de soutien de nos partenaires, tous très engagés, et gardé le lien avec eux.

Maintenant, la majeure partie de notre pays, à l’exception de la Guyane et de Mayotte, est passée en zone verte et les vacances d’été arrivent avec, espérons-le, de nombreux touristes européens et peut-être de destinations plus lointaines, à partir du mois de juillet, si les frontières s’ouvrent à nouveau. Les Français, pour la grande majorité d’entre eux, vont choisir de rester en France et de découvrir les richesses de notre pays.

Cette semaine, grâce à notre partenaire leboncoin, nous avons lancé une campagne de promotion de nos communes touristiques membres.

J’espère que nous pourrons tous ensemble rebondir en nous appuyant sur les nouvelles équipes municipales : nous nous y emploierons.

Notons que l’ANETT fêtera l’année prochaine ses 90 ans : un âge respectable pour cette association, qui a toujours su rebondir malgré les guerres et les crises. Néanmoins, elle ne fait pas son âge, car elle a su rester dynamique, jeune d’esprit et visionnaire, à l’image de tous les élus qui l’ont présidée et de son président actuel, Philippe Sueur. Elle n’est jamais à court d’idées et sera un acteur incontournable du tourisme de demain.

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