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22 juillet 2020
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Bilan du 3e Plan cancer : 90% des objectifs ont été atteints

© National Cancer Institute – Unsplash
Modifié le Temps de lecture : 4 minutes


Le bilan de l’année 2019, sixième et dernière année du programme national de lutte contre le cancer, fait état d’améliorations en termes de diagnostics précoces, de prévention ou encore de recherche. Autant de points qui seront de nouveau suivis par la future stratégie décennale qui s’engagera en 2021.

Le dernier rapport annuel du 3e Plan cancer 2014-2019 a été publié par l’Institut national du cancer (INCa), le 24 juin dernier. Ce bilan de l’année 2019 précède d’ailleurs un récapitulatif complet des six années du programme, attendu en septembre prochain. 

La population consultée pour la prochaine stratégie de lutte contre le cancer

Premier constat mis en avant : 90 % des objectifs fixés par le Plan ont été accomplis. Et les efforts se poursuivent. Mais surtout, avant d’entrer en détail dans les actions réalisées, l’Institut souligne le travail de réflexion engagé autour de la stratégie à venir de lutte contre le cancer pour 2021-2031. Et ce, en concertation avec les organismes de recherche, les opérateurs en cancérologie, les professionnels de santé et les usagers. En parallèle, une consultation de la population est prévue dès le 2 septembre prochain : pendant 4 semaines, les Français auront accès à une plateforme digitale expliquant les nouvelles priorités. À savoir le perfectionnement de la prévention, la réduction des séquelles, l’amélioration de la qualité de vie et la lutte contre les cancers de mauvais pronostic chez l’adulte et l’enfant. Les participants pourront alors donner leur avis sur les étapes envisagées.

Par la suite, l’INCa revient sur les mesures entreprises au cours de l’année 2019. Certaines actions, particulièrement valorisées, sont articulées autour de 4 orientations.

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Axe 1 : « Guérir plus de personnes malades »

Sur ce point, l’idée était de soutenir les diagnostics précoces. Le dépistage organisé du cancer du col de l’utérus (DOCCU) a, par exemple, été rendu opérationnel. Des premières invitations ont été émises au 2e semestre à destination des femmes entre 25 et 65 ans. Concernant le cancer du sein, une campagne de communication portant sur la prévention primaire et secondaire a été engagée. Et la qualité du dépistage s’est développée en se concentrant sur les mammographies numériques. 

Cet axe de travail s’est également intéressé à la qualité et à la sécurité des prises en charge. Dans cette optique, une expertise nationale et internationale a notamment été lancée afin d’analyser l’évolution des critères à remplir par les établissements de santé pour avoir l’autorisation de traiter ces patients. En outre, des recommandations de bonnes pratiques ont été éditées à l’attention des professionnels de santé et des patients, en particulier sur le cancer du pancréas, le suivi post thérapeutique des lésions précancéreuses et les lymphomes associés à un implant mammaire.

L’accès aux évolutions technologiques et thérapeutiques fait également partie des objectifs. On retient particulièrement l’encadrement des cellules CAR-T, thérapie innovante reposant sur des lymphocytes T génétiquement modifiés et prise en charge par l’Assurance maladie.

Enfin, dans le but d’accompagner l’innovation, le programme Horizon Scanning a été mis au point pour permettre à l’Institut de disposer d’une base de données regroupant 10 000 essais cliniques de médicaments anticancéreux en développement. Autre initiative : le renouvellement des labellisations de centres en phase précoce (CLIP²) qui ont reçu un soutien financier de la part de la Ligue contre le cancer et de l’INCa.

Axe 2 : « Préserver la continuité et la qualité de vie »

Dans le but de personnaliser la prise en charge, le dispositif d’annonce a été revu en septembre 2019. Le nouveau référentiel comporte 5 étapes : annonce de la suspicion, confirmation, discussion autour du programme de soins, échange autour des besoins d’accompagnement, consultation de synthèse. Une attention spéciale est d’ailleurs apportée aux enfants, aux publics fragiles ou encore aux cas de mauvais pronostics. 

L’accompagnement des proches et des aidants a également intégré la stratégie, et ce, dans le cadre de la stratégie nationale de mobilisation et de soutien en faveur des aidants pilotée par la Direction générale de la cohésion sociale. Des mesures sont ainsi prévues dans la loi du 8 mars 2019 visant à prévenir l’isolement et l’épuisement de ces individus. Il s’agit d’accroître la capacité d’accueil des lieux de répit ou de simplifier la conciliation avec la vie professionnelle. 

La prévention des séquelles et du risque de second cancer faisaient partie des aspirations. Pour cela, des outils digitaux de suivi ont été soutenus, à l’instar de Moovcare, application de télésurveillance qui a reçu la reconnaissance de la HAS (Haute autorité de santé). De même, la prévention tertiaire a été mise en avant, en particulier le sevrage tabagique, associé au nouveau mécanisme d’annonce.

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Axe 3 : « Investir dans la prévention et la recherche »

Première ambition : abaisser la prévalence du tabagisme. Une diminution de 12 % de celle-ci a été observée en 2019, résultat de la politique publique (augmentation du prix du tabac, paquet neutre, prise en charge des substituts nicotiniques, opération « Mois sans tabac », etc.). 

Par ailleurs, pour permettre à la population de réduire son risque de cancer, différentes actions ont été entreprises. Comme le développement de l’éducation à la santé et la prévention auprès des jeunes. Des ateliers thématiques et des consultations ont ainsi été organisés. La Ligue contre le cancer s’est d’ailleurs mobilisée en intervenant auprès de 150 000 élèves.

En la matière, la stratégie nationale sport santé 2019-2024 a aussi été lancée en mars 2019, axée sur le bien-être par l’activité physique et sportive, le développement de l’offre à visée thérapeutique, la protection de la santé des sportifs et la diffusion des informations concernant l’impact sur la condition physique et la santé.

Les perturbateurs endocriniens se trouvaient aussi au centre de l’attention. Comme le montrent le 4e Plan national santé environnement et la Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens. Deux dispositifs qui s’appuient sur une amélioration des connaissances des expositions et des effets sur la santé en renforçant la recherche ou encore la protection de la population.

Pour terminer, la recherche est montée en puissance, notamment par le biais du groupe OSIRIS qui a pour mission de permettre aux centres de partager leurs données cliniques, biologiques et génomiques.

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Axe 4 : « Optimiser le pilotage et les organisations »

Avec la volonté d’impliquer davantage les patients et les usagers du système de santé, une consultation publique a, par exemple, été instaurée préalablement à l’élaboration de la Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens. Des rencontres nationales de l’Institut national du cancer se sont aussi tenues pour réunir les acteurs de la cancérologie.

De plus, dans une optique de soutien aux politiques publiques, le Health Data Hub a été conçu pour rassembler les données de santé. Cette plateforme technologique se met au service des chercheurs, des professionnels de santé et des associations de patients. Sa finalité est d’améliorer la qualité des soins en alimentant la recherche médicale.

La coopération à l’échelle européenne et internationale fait aussi partie des mesures phares. L’Union européenne s’est, par exemple, mobilisée via le programme Horizon Europe. 

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© National Cancer Institute – Unsplash

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