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Le mystère de Thwaites, le “glacier apocalyptique”

Temps de lecture : 2 minutes

 

À l’ouest de l’Antarctique, ce glacier qui fond de plus en plus vite pourrait faire monter le niveau des mers de 65 cm. En cause ? Des canaux larges et profonds qui laissent passer l’eau chaude.

Le “glacier apocalyptique”, surnom donné à Thwaites, revêt un caractère effrayant à juste titre : il fait partie des glaciers à la fonte la plus rapide sur le Globe et atteint quasiment la surface de la Grande Bretagne ! Mais une équipe scientifique aurait enfin élucidé son mystère…

Une plateforme de la taille de la Floride

Ce colosse de glace s’étend, à l’Ouest de l’Antarctique, sur 600 km de long et 120 km de large, soit la superficie de la Floride ou du quart de la France. Avec une profondeur pouvant aller jusqu’à 3 km. 

Si elle venait à fondre, une telle étendue pourrait faire monter les océans de 65 cm (à titre de comparaison, leur niveau a augmenté de 20 cm en 120 ans). Et le rythme auquel Thwaites fond ne cesse de croître. Actuellement, il perd 8 fois plus de glace que dans les années 1990 et contribue à lui seul à 4 % de l’élévation annuelle du niveau de la mer.

Une réaction en chaîne possible

Une autre menace pourrait d’ailleurs poindre, par ricochet. Le “glacier apocalyptique”, garant de la stabilité d’une grande partie du continent, fait obstacle à ses voisins. Sa fonte pourrait donc engendrer le décrochage d’autres plateformes qui déclencherait une hausse supplémentaire des niveaux d’eau et condamnerait, potentiellement, l’Antarctique occidental. 

Ce scénario ne relève certes pas du court, ni même du moyen terme. Mais la situation inquiète. Des chercheurs britanniques et américains ont donc lancé en 2019 une analyse de terrain. L’idée : comprendre pourquoi la fonte de Thwaites s’accélère, connaître son rythme et savoir ainsi plus précisément quand le glacier pourrait disparaître. L’objectif étant d’aider les gouvernements à prendre les mesures nécessaires.

Un réseau de canaux sous la glace laisse passer l’eau chaude

Pour cela, l’équipe a observé le fond marin sous le glacier à l’aide d’un échosondeur, instrument de mesure qui calcule la profondeur par ultrasons.

Pour la première fois, un réseau de canaux larges et profonds a été identifié et cartographié. Ces chemins, qui peuvent se situer jusqu’à 800 m de profondeur, feraient office de voies de passage pour l’eau chaude de l’océan qui causerait des dégâts multiples. D’une part dans la zone où le plateau est encore attaché au fond marin, d’autre part en étant responsable de la fonte du dessous du glacier.

L’accroissement  de ce phénomène serait dûe au réchauffement climatique : comme la température de l’eau augmente, la fonte s’accélère. Le Dr Jordan, de la British Antarctic Survey (BAS), soutient cette théorie et explique que l’activité humaine y contribue largement. La seule solution est, selon lui, de réduire les émissions de dioxyde de carbone.

Pour compléter ces données, d’autres recherches sont d’ores et déjà prévues. Les équipes, contraintes de cesser leurs travaux en raison de la crise du coronavirus, espèrent un retour sur le terrain en 2021.

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