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Voyage intersidéral du tardigrade, le phénix microscopique

Temps de lecture : 2 minutes


Planète Terre. An 1773. Journal de bord du capitaine

Johann August Ephraim Goeze a découvert une nouvelle espèce microscopique, mais extrêmement résistante. Le tardigrade ou l’ourson des eaux. Le surnom est mignon, l’animal un peu moins. Il mesure moins d’un millimètre. Il a 4 paires de pattes, des griffes, presque pas de tête. Mais il a des capacités incroyables…

 

Planète Terre. An 2007. Journal de bord du capitaine.

Les expérimentations se sont enchaînées avec le même résultat : le tardigrade survit. 570 000 rads alors que l’être humain ne survit pas à 500 rads ? Il s’en est remis. Plus de -270 °C. Même pas peur. 60 km sous les océans. L’eau bouillante. L’empoisonnement. Il survit. L’animal terrestre microscopique s’adapte à des environnements tellement extrêmes qu’on envisage de l’envoyer dans l’espace, voire sur d’autres planètes. 

La mission Foton-M3 est enclenchée par l’Agence spatiale européenne pour tester sa réaction au vide intersidéral. Encore une fois, l’ourson bleu est revenu en forme. Après avoir passé 10 jours exposé à des rayonnements solaires, cosmiques et ultraviolets. 

 

Planète Terre. An 2017. Journal de bord du capitaine.

Comment le tardigrade se sort de toutes ces situations ? Vraisemblablement grâce à l’eau. L’ourson d’eau, quand il est exposé à des hautes doses de stress, met son système métabolique sur pause et se déshydrate. Il évacue près de 97 % de l’eau de son tout petit organisme. C’est pour ça qu’il ne gèle pas ou qu’il résiste à de fortes pressions. L’animal terrestre entre alors dans une sorte d’état suspendu, entre la vie et la mort. 

Thomas Boothby, de l’université de Caroline du Nord, a probablement trouvé comment le tardigrade ressuscite : il sécrèterait des protéines propres à son espèce qui protègent ses cellules et son ADN. Ainsi, après que son organisme se soit réhydraté, il revient à la vie, tel un phénix moche.   

 

Planète Terre. An 30 000 après JC. Journal de bord du capitaine.

La planète bleue a atteint ses limites. Les fluctuations de températures sont devenues insupportables pour l’homme. Les eaux continuent de monter, inévitablement. Alors que nous ne pouvons presque plus sortir de nos habitations et cherchons des solutions sur d’autres planètes, une espèce est en train de prendre notre place et de coloniser la Terre… Le tardigrade.

© FlickrPhineas Jones (CC BY-NC-ND 2.0)

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