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Tourisme

Transition écologique : la prise de conscience bleue de la montagne

Temps de lecture : 4 minutes


Alors que la saison hivernale devrait démarrer dans les prochains mois, les stations de ski annoncent leur engagement dans la gestion de la ressource aquifère et leur passage à l’hydrogène pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. 

Pour lutter contre les conséquences du réchauffement climatique et des bouleversements à l’œuvre dans les territoires de montagne, les domaines skiables français (DSF) ont décidé de lier aux paroles, les actes. Et ont brandi lors de leur congrès annuel, qui s’est tenu à Grenoble le 2 octobre, une feuille de route faisant état de 16 éco-engagements qu’ils entendent mettre en œuvre dans la prochaine décennie, pour préserver la montagne. « C’est un sujet qui a longtemps été tabou, car nous avons toujours été vus comme des gens peu respectueux de la montagne. Ce qui est totalement faux, et il est temps de tordre le cou à cette idée », a indiqué Alexandre Maulin, le président de DSF. 

La charte établie par les 250 adhérents de la chambre professionnelle, est constituée de cinq volets : « climat énergie », « eau et agriculture », « biodiversité », « paysages » et « déchets ». Pour mesurer les progrès de ce plan, tous les domaines skiables se doteront d’ici à 3 ans d’un bilan carbone. Et des ONG comme WWF et Mountain Wilderness pourront en vérifier l’application.

L’eau, un « point stratégique »

Sur la gestion de l’eau, les domaines skiables français ont annoncé que leur engagement à économiser cette ressource,  était considéré comme un « point stratégique ». D’autant plus que c’est de cette ressource que dépend leur capacité à produire de la neige de culture à partir des « retenues collinaires » ou « retenues d’altitude ». 

Petit rappel sur ce qu’elles sont : ces petites retenues, principalement alimentées par les eaux pluviales et les ruisseaux, sont utilisées dans les domaines skiables, pour l’alimentation des canons à neige. La tendance actuelle est à l’accroissement de ces surfaces. Notamment car elles permettent de se prémunir de l’aléa climatique. Ces retenues se constituent au printemps, au moment de la fonte des neiges et des pluies entre mars et juin. Et les canons tournent, eux, dès novembre pour assurer la sous-couche nécessaire au bon enneigement de la station. 

Pour éviter d’avoir à puiser dans les ressources aquifères du territoire, la DSF s’est engagé à mesurer plus finement sa fabrication de neige de culture et par conséquent, optimiser les volumes de neige à produire. Pour y parvenir, les stations de ski vont lisser leurs prélèvements dans le temps, en stockant de l’eau, dès que la production annuelle de neige nécessite plus de 100.000m3 d’eau.

De même que les exploitants dont la flotte d’engins de damage dépasse 6 engins mesureront systématiquement la hauteur de neige en différents points des pistes pour optimiser les volumes de neige produits au fil de la saison. L’utilisation de cette technologie devrait permettre d’économiser 15 % de neige. 

Afin de soutenir le pastoralisme en montagne, les stocks d’eau des domaines membres de DSF seront mis à disposition des agriculteurs, en période de sécheresse, ou des autorités, pour des besoins de réserve incendie ou d’eau potable, le cas échéant.

La neutralité carbone au moyen de l’hydrogène

Sur le climat, qui constitue la pierre angulaire des engagements de la DSF, une trajectoire a été déterminée : atteindre la neutralité carbone des domaines skiables, dès 2037 avec zéro émission de CO2. Aujourd’hui 95 % des émissions de gaz à effet de serre des domaines skiables sont liées à l’usage des engins de damage fonctionnant au gasoil ; les remontées mécaniques étant  décarbonées avec un fonctionnement à l’électricité. Pour répondre à cet enjeu environnemental, c’est l’hydrogène qui a été retenu. Une option concertée avec des constructeurs et des scientifiques répondant aux conditions extrêmes d’utilisation. Des prototypes devraient être dévoilés d’ici 3 à 5 ans.

Cette solution implique qu’avec les élus des territoires de montagne, soient développés dans les vallées, des sites de production et des systèmes de distribution d’hydrogène vert qui serviront aussi aux transports publics et aux camions. Pour mesurer les progrès de ce plan, tous les domaines skiables devront se doter d’un bilan carbone, d’ici à 3 ans.

Préserver la faune et la flore

En matière de biodiversité, sous 5 ans, chaque exploitant d’un domaine skiable devra disposer d’un inventaire des connaissances environnementales des espaces naturels concernés (faune, flore, zones humides, zones d’hivernage, zones de reproduction, etc.). Cet inventaire sera mis à jour dans les secteurs où des travaux se tiennent.

La protection des espèces sera systématisée et des actions concrètes seront menées. Comme par exemple, auprès des grands oiseaux et en particulier, les Tétras Lyres dans les Alpes et les Grands Tétras dans les Pyrénées, qui parfois se blessent avec les câbles des remontées mécaniques. En 5 ans, 100 % des tronçons de leurs remontées mécaniques qui exposent les galliformes de montagne à un risque de collision devront être équipés de repères visuels.

Afin d’éviter l’érosion des sols et d’aider la nature à reprendre ses droits le plus vite possible après des travaux (nouvelles pistes, implantation de remontées mécaniques…), la revégétalisation à 100 % de ces zones est actée. Seules des semences endémiques seront utilisées. En ré-engazonnant, les paysages devraient se reformer naturellement au bout de trois à cinq ans au lieu de dix à vingt ans quand rien est fait.

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