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Société

Pollution plastique des océans : la nécessité d’un changement de modèle

Temps de lecture : 3 minutes


Plusieurs scénarios permettraient de réduire la contamination des milieux aquatiques, mais le plus efficace consiste à combiner tous les types d’actions : baisse de la production de plastiques, amélioration du recyclage, mise au point de matériaux de substitution.

Océans, lacs, rivières, etc., l’omniprésence de la pollution plastique sur Terre s’explique par une hausse de la consommation combinée à des systèmes de gestion de déchets insuffisants. Et des effets se font ressentir tant sur la biodiversité marine que sur l’Homme. En plus d’affecter l’aspect des plages, les plastiques peuvent obturer les systèmes de traitement des eaux usées, mais aussi représenter un terrain propice au développement de vecteurs de maladies. Sans oublier l’impact économique pour la pêche, le tourisme et le transport maritime, évalué à 11 milliards d’euros par les Nations unies.

De la nécessité d’adopter des mesures fortes

Face à ce constat, une équipe de recherche internationale a analysé l’efficacité de plusieurs scénarios pour réduire la contamination. Ses résultats ont été publiés en septembre dans la revue Science

Avant tout, les chercheurs ont établi un premier cas de figure : le “maintien du statu quo”. L’idée : évaluer la situation d’ici 2040 si aucune mesure supplémentaire n’est engagée. Celui-ci montre qu’à l’échelle mondiale, la pénétration dans les milieux aquatiques des plastiques provenant des terres serait multipliée par 2,6 entre 2016 et 2040. Et même si les engagements pris par les gouvernements sont maintenus, les résultats s’avéreraient insuffisants : la contamination des environnements aquatiques ne serait réduite que de 6,6 % d’ici 2040. Il faut aller plus loin. 

Une transformation en profondeur pour réduire la pollution des océans de 82 %

Plusieurs cas de figure ont été envisagés, à l’instar du scénario “Réduire et remplacer”, qui  mise sur des solutions en amont (utilisation de matériaux recyclés, limitation des plastiques à usage unique, etc.), ou du scénario “Recycler”, qui s’appuie sur des stratégies en aval pour réutiliser le plastique. 

Finalement, la meilleure option reste de combiner tous les types d’actions : c’est le scénario du “changement de système” dont la promesse est forte. La quantité de plastiques terrestres entrant dans les systèmes aquatiques chuterait de 82 % d’ici 2040. 

Pour parvenir à ce chiffre, le plan d’action table sur une baisse de 11 % de la production de plastique vierge, une plus grande utilisation de matières premières en plastique recyclé et le perfectionnement des systèmes de collecte. Une véritable économie circulaire se mettrait alors en place. Elle demanderait l’implication des pouvoirs publics, mais aussi des entreprises, pour la conception de matériaux de substitution. Dans leur globalité, ces actions pourraient favoriser non seulement la baisse de la production de déchets, mais aussi des émissions de gaz à effet de serre.

Des défis à surmonter pour assurer ces résultats

Les principales difficultés à dépasser dans ces modélisations ont été identifiées. La première porte sur les efforts à fournir en matière de collecte des déchets ménagers, en particulier dans les pays à faibles et moyens revenus. Des investissements seront donc nécessaires dans les structures de collecte : le secteur doit gagner en rentabilité pour que la demande de collecte augmente.

Le deuxième défi concerne les déchets mal gérés, qu’ils soient rejetés dans les environnements aquatiques ou brûlés à ciel ouvert, une pratique aux effets indirects majeurs, en raison des émissions de gaz à effet de serre. Cette problématique revient principalement aux économies émergentes, dotées de systèmes de gestion des déchets inadéquats.

Troisième point, l’exportation de déchets des pays riches vers les pays à revenus plus faibles comporte des conséquences notables. Et ce, notamment parce que cela revient à confier le traitement des déchets à des pays aux capacités de gestion moindres. Le risque premier : augmenter la part de déchets mal gérés.

Et enfin, les données en matière de contamination des océans et des rivières manquent. Accroître la récolte d’informations permettra de mieux prévoir les répercussions des actions des consommateurs, des entreprises et des politiques.

© Naja Bertolt Jensen – Unsplash

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