14 juillet 2020
AQUÆ, le journal BtoB des filières Tourisme, Santé & Bien-être
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Le chèque-cadeau, une clé de la relance…

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Pour stimuler la reprise des économies, de nombreuses initiatives locales fleurissent qui s’appuient sur des « chèques de relance » ou des « bons cadeaux »… en attendant une mesure nationale ? 

Les titres de paiement dédiés que sont les tickets-restaurants, les chèques-culture ou vacances, les chèques-cadeaux ou encore Cesu présentent l’avantage de permettre une stimulation ciblée de l’économie, qu’elle soit sociale, sectorielle ou géographique, par la consommation. Pour accompagner, lors du déconfinement, la relance des activités locales, départements et Région Provence-Alpes-Côte d’Azur vont ainsi distribuer aux salariés du privé ayant poursuivi une activité au contact du public pendant le confinement, domiciliés dans le Sud-Est et sous conditions de ressources, un chéquier-vacances d’une valeur de 500 €. Une opération également conduite dans la région Grand Est. Le département de la Manche récompensera les touristes grâce au dispositif chèques Évasion 50. D’un montant de 10 à 20 € et obtenu pour chaque nuitée réservée auprès d’un hébergeur partenaire, il sera utilisable chez les opérateurs touristiques locaux. La solution a aussi convaincu nombre de municipalités, à l’instar de Vitry-le-François (51), Tours (37) ou encore Montbrison (42), qui s’unissent aux associations de commerçants et/ou aux clubs d’entreprise pour redynamiser la consommation des produits et des services de proximité.  

Les élus réclament un chèque tourisme

Avec l’objectif de soutenir l’activité touristique nationale, onze députés et élus locaux* ont adressé, le 1er mai dernier, au Premier ministre, un courrier pour demander la mise en place d’un chèque tourisme destiné à régler des dépenses de couverts, de nuitées ou de transport. Abondé par l’État, les collectivités locales et les éventuels partenaires privés, il se destinerait aux personnes « dont le revenu est inférieur au revenu médian » (soit 1 789 € net/mois dans le secteur privé) c’est à dire « un peu au-delà des 40 % des Français habituellement non-partant en vacances ». Les signataires précisent que « ce type de soutien à la demande a un effet multiplicateur constaté de manière systématique », conduisant à une hausse du volume de ventes des commerçants.  

Lire aussi :  Les institutionnels du tourisme posent les conditions de la relance

L’Agence nationale pour les chèques-vacances (ANCV), établissement public qui gère le déploiement du chèque-vacances en France, a annoncé, pour sa part, une contribution afin d’accompagner la relance des entreprises du tourisme et des loisirs. Elle se matérialisera, à compter du mois de septembre 2020 et pour une durée de 6 mois, par une baisse du taux de commission perçu lors du remboursement des chèques-vacances, qui passera de 2,5 % à 1 %.

Une initiative qui trouve un écho à l’étranger

Ailleurs dans le monde, les aides directes aux ménages sont aujourd’hui préférées par les gouvernements. Cependant, des demandes s’élèvent qui visent à mettre en œuvre ce mode de paiement alternatif. C’est le cas, par exemple, de l’ESPA (European Spas Association), œuvrant à la promotion de la balnéothérapie en Europe et réunissant les organisations représentatives d’une vingtaine de pays qui, dans le cadre de sa proposition de plan d’action-tourisme de santé post COVID-19, plébiscite la délivrance de bons de 1 000 € pour les séniors. Valables pendant un an à partir du mois de septembre, ils permettraient de régler des séjours au sein d’établissements touristiques de santé et de bien-être européens, d’une durée minimum de 7 jours. 

Pressé d’accélérer la reprise de son commerce de détail, le gouvernement chinois a autorisé les autorités locales à émettre des coupons de consommation, échangeables dans les restaurants, les boutiques et chez les prestataires de services de loisirs. Alors qu’une cinquantaine de territoires était concernée courant avril, ce chiffre devrait être multiplié au cours des prochaines semaines.  

* Signataires : Gisèle Biémouret, députée du Gers ; Carole Delga, présidente du conseil régional d’Occitanie ; Xavier Fortinon, président du conseil départemental des Landes ; Mathieu Klein, président du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle ; Philippe Martin, président du conseil départemental du Gers ; Dominique Potier, député de Meurthe-et-Moselle ; Alain Rousset, président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine ; Hervé Saulignac, député de l’Ardèche ; Laurent Ughetto, président du conseil départemental de l’Ardèche ; Boris Vallaud, député des Landes, et André Viola, président du conseil départemental de l’Aude.

©  Vsevolod Vlasenko Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

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