10 juillet 2020
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Tourisme

Plan Tourisme : regain des réservations après les annonces du gouvernement

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Bien que les Français connaissent une baisse de leur pouvoir d’achat et prévoient de limiter leurs dépenses cet été, ils commencent à programmer leurs vacances, encouragés par les mesures présentées par le Premier ministre le 14 mai.

La réponse aux mesures du gouvernement pour soutenir la reprise du tourisme en France ne s’est pas fait attendre. En effet, un redémarrage des réservations est d’ores et déjà remarqué, alors que le Premier ministre a présenté le Plan Relance Tourisme le 14 mai dernier. 

Les principales raisons de cette évolution seraient l’annonce aux Français d’un possible départ en vacances en juillet-août sur le territoire hexagonal. Mais aussi que les frais de réservation seraient remboursés par les opérateurs en cas de dégradation de la situation sanitaire.

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Un impact direct sur les réservations…

Une tendance corroborée par plusieurs données. D’une part, la SNCF, qui a relancé les réservations sur les lignes TGV, dès le lendemain des déclarations d’Édouard Philippe, a observé un regain de fréquentation du site OUI.sncf. D’autre part, le spécialiste des locations de vacances Locatour a également signifié un redémarrage des réservations. 

Autre opérateur, même constat : VVF Villages a enregistré, après ces annonces gouvernementales, des confirmations de réservation sur 53 % des dossiers qui restaient en attente sur sa plateforme de vente en ligne. Pour la période du 8 au 15 mai, la société affiche ainsi un chiffre d’affaires de 110 000 euros, dont la moitié réalisée sur la seule journée du 15 mai, à 12 heures. Alors qu’avant la crise une semaine moyenne permettait d’engranger 130 000 euros.

Le détail de ces réservations laisse transparaître un certain nombre de directions prises par le tourisme pour la saison estivale. 

En premier lieu, les futurs vacanciers plébiscitent largement le mois d’août, ce qui peut s’expliquer par l’incertitude autour de deux dates : celle de la levée de la limitation des déplacements à 100 km autour du domicile et celle de la réouverture des établissements hôteliers. 

Second point : les zones littorales sont privilégiées, notamment la Nouvelle-Aquitaine (Pyrénées-Atlantiques et Gironde) et la Bretagne (Morbihan, en priorité). Les vacances à la mer restent donc en tête des préférences des Français, même si la montagne et la campagne ont de plus en plus la cote. Alors que 20 % des réservations dans des villages VVF portaient sur ces destinations en 2019, elles représentent déjà 35 % des départs. Des chiffres qui confirment la tendance au tourisme de proximité qui émerge cette année.

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… mais des signaux toujours inquiétants

Si la relance semble engagée, la crise liée à la pandémie de coronavirus a marqué lourdement la population. De nombreux Français n’ont pas été en mesure de reprendre leur activité professionnelle, ou alors uniquement partiellement, ce qui engendre une baisse de leur pouvoir d’achat. En particulier pour les catégories socioprofessionnelles les moins favorisées. Ainsi, les réservations effectuées par des ménages au pouvoir d’achat inférieur à 2 000 euros et profitant d’aides aux vacances ont chuté de 17 % sur le site internet de VVF. À l’inverse, les publics au pouvoir d’achat supérieur à 2 000 euros représentent cette année 67 % des clients, contre 50 % habituellement. Autre indicateur, un pourcentage significatif des 4 000 Français interrogés dans le cadre d’une étude de VVF Ingénierie sur l’après-confinement a précisé que son budget vacances connaîtrait une baisse. Pour le directeur général de VVF, il est nécessaire d’adapter sa stratégie en réponse à ces résultats : « Cet été plus que jamais, la préoccupation et la mission de VVF est de travailler sur l’accessibilité des vacances au plus grand nombre ».

Par ailleurs, si Stéphane Le Bihan félicite l’adoption du Plan Relance Tourisme, qui montre donc déjà des effets sur l’activité de l’entreprise, il craint qu’il soit insuffisant pour sauver les 2 millions d’emplois que représente le secteur du tourisme. Soulignant l’efficacité de la structure du plan, qui repose sur l’emploi, les infrastructures et les investissements, il espère que le timing sera adéquat. « La rapidité d’action est cruciale pour négocier la transition touristique et préserver la souveraineté des opérateurs hexagonaux. N’oublions pas que ce sont eux qui sont les garants de ce modèle de tourisme durable et de proximité. Un modèle qui permet d’irriguer l’économie locale en rendant les vacances accessibles au plus grand nombre », explique le DG.

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