11 juillet 2020
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L’Union européenne se mobilise en faveur du secteur privé

© Parlement Européen
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Alors que les entreprises, en particulier dans la filière touristique, ont connu des pertes d’exploitation majeures, la Commission européenne annonce une série de mesures pour soutenir la reprise des investissements et lever des fonds propres.

D’après les chiffres de la DGE (Direction générale des entreprises) publiés en juin 2020, le tourisme français fait partie des secteurs les plus durement affectés par la crise sanitaire et économique liée à la pandémie de COVID-19. Sur les 33 % de baisse d’activité enregistrés, la filière représente 5 points. Et la perte d’exploitation a été évaluée à 1,3 milliard d’euros. D’ailleurs, cela coïncide avec une demande très forte d’activité partielle : 96 % des entreprises de l’hôtellerie-restauration y auraient recouru. Et la reprise s’annonce difficile. Les estimations de la DGE tablent sur une chute de plus de 65 % des séjours des étrangers en hébergement marchand, qui ne sera pas compensée par le tourisme domestique. En effet, les voyages des Français dans l’Hexagone pourraient baisser de plus de 40 %. D’ailleurs, les établissements ne seront pas tous capables d’ouvrir à pleine puissance. Si tous les professionnels affirment être aptes à reprendre, plus de 7 sur 10 devront réduire leur capacité d’accueil.

Soutenir les entreprises pour éviter la fragmentation du marché unique

Face aux difficultés du secteur privé, dans le tourisme ou en général, la Commission européenne se mobilise. Dans le cadre du plan de relance européen, baptisé Next Generation EU et présenté par Ursula von der Leyen mercredi 27 mai dernier, un volet concerne en particulier le secteur privé. En plus de renforcer les efforts des États membres, l’Union européenne affiche ainsi sa volonté de supporter les entreprises, lourdement affectées par la crise engendrée par la pandémie de coronavirus. 

Il s’agit de protéger le marché intérieur européen, qui pourrait souffrir des conséquences inégales de la crise : « Bien que les aides d’État puissent contribuer à atténuer le choc, tous les États membres n’ont pas la possibilité, dans leur budget national, d’apporter un soutien aux entreprises. […] Les différences de taille des économies et des budgets européens risquent de fragmenter davantage le marché unique », développe Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive de la Commission.

La Commission européenne affiche donc une politique de soutien à double orientation : d’une part, investir dans les industries stratégiques, comme la santé, les technologies numériques, l’intelligence artificielle ou le transport durable, d’autre part, accompagner les entreprises saines, mais affaiblies par la crise. Et ce, quelle que soit la taille de la structure, comme l’explique le Français Thierry Breton, commissaire en charge du marché intérieur : « Toutes ces entreprises qui se sont développées ont vu leur croissance être profondément réduite pendant cette période, avec leur capacité d’investissement réduite à zéro pour beaucoup d’entre elles. On ne parle pas que de grands groupes, mais aussi de PME, d’ETI, voire de startups ; on sait que c’est la richesse de demain ». 

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Montée en puissance du programme d’investissements InvestEU

Pour ce faire, la Commission compte renforcer le programme d’investissement InvestEU, qui combine tous les instruments financiers du budget de l’UE, dans la continuité du plan Juncker. Sa capacité sera presque doublée. 

Dans le cadre du Fonds européen pour les investissements stratégiques, l’exécutif actionnera un nouvel instrument de soutien à la solvabilité qui permet d’apporter un soutien en fonds propres par l’intermédiaire de la Banque européenne d’investissement (BEI), qui fait le lien avec le secteur financier. Les entreprises privées peuvent donc profiter d’une assistance technique pour gonfler leur niveau d’investissement. Alors que les besoins du secteur privé ont été estimés à 720 milliards d’euros, l’exécutif prévoit de lever 300 milliards. « L’objectif est d’attirer d’importants investissements privés dans les fonds propres des entreprises », explique Margrethe Vestager, qui rappelle que cet instrument temporaire ne peut être la seule réponse au déficit de fonds propres. Il est « avant tout destiné aux États membres qui ne peuvent se permettre d’intervenir, car nous devons rééquilibrer le marché unique dans notre intérêt à tous ». Appelant ainsi les États membres à mettre en place des mesures nationales de soutien aux sociétés.

En parallèle, la création d’une facilité d’investissement stratégie a été annoncée pour financer les projets dans les secteurs stratégiques, participant à l’autonomie du marché unique, notamment les entreprises impliquées dans la transition écologique et numérique. Cette approche pourrait générer jusqu’à 150 milliards d’euros d’investissement.

Autre dispositif susceptible de profiter, par ricochet, au secteur privé : l’initiative REACT-EU, qui propose de débloquer une enveloppe de 55 milliards d’euros d’ici à 2022 à destination des États membres au titre de la politique de cohésion. Des crédits supplémentaires seront ainsi accordés afin d’accompagner les actions entreprises par les pouvoirs publics pour réparer les conséquences de la crise. Un projet qui concerne les domaines les plus touchés, comme la culture ou le tourisme.

Cliquez ici pour consulter la note de la DGE.

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