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Catastrophe écologique au Kamtchatka : Greenpeace lance l’alerte

Temps de lecture : 2 minutes


Dans l’extrême-orient russe, la péninsule du Kamtchatka est le théâtre d’une contamination inexpliquée de l’eau, engendrant des décès d’animaux marins et des troubles chez les baigneurs. Dernière hypothèse en date : les microalgues toxiques.

Des centaines de cadavres de créatures marines, poulpes, phoques, étoiles de mer, oursins, etc… jonchent la côte de la péninsule du Kamtchatka, entre la mer d’Okhotsk et la mer de Béring à l’est de la Russie. La situation est liée à une contamination de l’eau remarquée par la population depuis la mi-septembre. Ce que Greenpeace Russie dénonce comme une “catastrophe écologique”.

Une bande de mousse de 40 km dérivant le long des côtes

Selon un chercheur de l’Institut de géographie du Pacifique, le phénomène serait même plus important. Ivan Oussatov a ainsi déclaré qu’à 10-15 mètres, une grande majorité des benthos, organismes aquatiques vivant en profondeur, sont morts. D’ailleurs, des habitants de la région, notamment des surfeurs, font état de brûlures aux yeux, nausées, fièvres, etc. après avoir été en contact avec ces eaux.

Si l’origine de la contamination reste à déterminer, les autorités russes ont confirmé la pollution de l’eau. Selon l’Université fédérale d’Extrême-Orient, une nappe de 40 km de long et de 30 à 100 mètres de large se déplace vers le sud à la surface le long des côtes. Et cette bande de mousse ne diminue pas. 

Des taux de phénol anormalement élevés

Alors que les carcasses d’animaux continuent de s’échouer, Greenpeace a envoyé lundi 12 octobre une équipe sur le terrain équipée d’un drone sous-marin. Sa mission : procéder à des examens afin d’évaluer l’étendue des dégâts sur la biodiversité, effectuer des prélèvements pour comprendre les sources de la contamination. Et valider l’hypothèse de l’ONG qui attribue les symptômes observés chez les humains à une intoxication au phénol, composé chimique utilisé dans la production de plastiques, de produits pharmaceutiques ou encore en parfumerie. 

La WWF-Russie s’est également emparée du sujet. Expliquant que des régions au sud du Kamtchatka ont commencé à rapporter des effets semblables sur des animaux, tels que les vers à soie ou les gastéropodes (mollusques), depuis lundi 12 octobre. L’ONG, qui mène elle aussi  un travail d’investigation, insiste donc sur la nécessité d’élargir les zones de recherche et d’identifier les causes rapidement. 

De son côté, le gouverneur du territoire de Kamtchatka, Vladimir Solodov, a demandé que des procédures d’analyses de l’eau soient engagées. Les premiers échantillons récoltés ont souligné la présence supérieure à la normale de produits pétroliers, suggérant une pollution aux hydrocarbures. 

Les origines de la contamination encore inconnues

Plusieurs théories ont ensuite été avancées, impliquant une fuite de carburant de fusée, une décharge de pesticides située à proximité, l’activité volcanique ou sismologique (le Kamtchatka est une péninsule volcanique). Ou encore des micro algues toxiques. Cette hypothèse, défendue par l’Académie russe des sciences, nie toute cause industrielle. Elle s’appuie sur l’analyse d’échantillons d’eau qui montreraient une forte concentration en gymnodinium, un type de plancton marin néfaste pour les invertébrés et capable de provoquer des symptômes similaires à ceux observés sur les humains.

En parallèle des analyses de terrain, une enquête pénale a été ouverte par le Comité d’enquête de Russie le 7 octobre. Invoquant la “violation des règles de gestion des substances et déchets dangereux pour l’environnement” et la “pollution marine”. L’objectif principal : découvrir si les causes de la contamination sont naturelles ou découlent de l’activité humaine.

© Dmitry Sharomov – Greenpeace

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Alban Derouet

1 comment

Les fonds-marins livrent leur version sur la catastrophe écologique de Kamchatka - AQUÆ 21 octobre 2020 at 5 h 45 min

[…] les premières conclusions des prélèvements obtenus par le drone sous-marin envoyé dans les eaux du Kamtchatka, lesquelles confirmeraient l’empoisonnement de masse des animaux marins abrités dans la baie. […]

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