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Société

La pêche au large de l’île de Jersey, symbole du conflit entre le Royaume Uni et l’UE post Brexit

Temps de lecture : 2 minutes

 

Ce jeudi matin, plus d’une cinquantaine de navires français bloquaient l’entrée du port de Saint-Hélier, capitale de l’île de Jersey. Ils manifestaient contre les nouvelles restrictions d’accès aux eaux britanniques. Ces tensions ont poussé la Royal Navy et la France à envoyer respectivement deux de leurs navires afin de surveiller la situation.

Quatre mois se sont écoulés depuis la ratification de l’accord sur les conditions de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne suite au Brexit, entré en vigueur le 1er janvier dernier. Cet accord stipule que les pêcheurs français ont jusqu’en 2026 pour bénéficier entièrement de l’accès aux eaux britanniques au large de Jersey. Car si l’île se trouve à seulement 22 kilomètres des côtes normandes, elle appartient à la Couronne britannique et reste sous sa juridiction.

Passé 2026, les chalutiers français renonceront à 25 % de leur quota de pêche dans ces eaux. D’ici là, les bateaux français devront demander une autorisation de pêcher dans les eaux anglaises, délivrée par les autorités britanniques. Pour cela, ils devront prouver qu’ils pêchaient déjà dans ces eaux sur la période de 2012 à 2016. Une restriction qui fait monter la colère des marins français. Jusqu’à frôler l’incident diplomatique.

Un désaccord entre la France et le Royaume-Uni

Face à cette limitation, le gouvernement français ne compte pas se laisser faire. La ministre de la Mer, Annick Girardin, se dit prête à agir et à prendre des mesures de « rétorsion » si les limitations d’accès à ces eaux persistaient. Elle a évoqué notamment, devant l’Assemblée nationale, des répercussions sur le transport d’électricité par câble sous-marin qui approvisionne l’île de Jersey depuis le territoire français.

Le gouvernement britannique, quant à lui, estime décerner les « licences de pêche » dans le respect de l’accord entre le Royaume-Uni et l’UE. Il juge les menaces françaises « inacceptables et disproportionnées » et compte sur les termes mentionnés dans l’accord pour trouver une solution à cette situation de crise.

Des licences de pêche refusées aux navires français

Pour les marins français, cette partie de la Manche représente 30 % de leur pêche. Aucun choc économique n’est à prévoir pour la filière, ni même pour l’économie française puisque la perturbation des échanges commerciaux due au Brexit devrait entraîner une baisse de 0,1 % du PIB. Une conséquence mineure au vu de la crise actuelle.

Cependant, sur les 163 demandes de licence, seules 88 auraient abouti. Cette nouvelle restriction, limitant de plus en plus l’accès à la pêche dans cette zone géographique, pose désormais un problème politique. Il s’agit, à l’avenir, d’engager une nouvelle discussion diplomatique afin de trouver un terrain d’entente.

Un débat loin d’être terminé 

Les pêcheurs français ont pu quitter le port de Saint-Hélier jeudi dans l’après-midi sans incident. Mais les navires de patrouille français et britanniques ont malgré tout maintenu leur surveillance jusque dans la soirée. Dorénavant, chacun campe sur ses positions : Londres prétend respecter à la lettre les droits stipulés dans l’accord, tandis que Paris estime insuffisant le nombre de licences accordées à la pêche française.

Si l’artillerie est rangée du côté britannique comme du côté français, les débats quant à eux, risquent de durer encore un certain temps.

 

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