20 juillet 2020
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COVID-19 : L’impact psychologique du confinement à l’étude

Modifié le Temps de lecture : 3 minutes

Stress, changement d’humeur… les effets psychologiques du confinement sont multiples et font l’objet d’une série d’études sans précédent. 

Le confinement peut avoir des conséquences psychologiques négatives parfois durables, tels des troubles de l’humeur, le syndrome de stress post-traumatique, la dépression ou la peur. C’est ce que révèle une méta-analyse « l’impact psychologique de la quarantaine et comment la réduire : examen rapide des preuves » effectuée par Samantha Brooks et son équipe de chercheurs de l’Institut de psychiatrie, psychologie et neurosciences du King’s College de Londres (Royaume-Uni), publiée dans The Lancet, le 26 février dernier. 24 études ont ainsi été analysées, menées dans 10 pays, qui intégraient des personnes atteintes du SRAS, d’Ebola, de la grippe H1N1, du syndrome respiratoire du Moyen-Orient et de la grippe équine. Il apparaît que les effets négatifs de la mise en quarantaine sur la santé psychique peuvent être accentués lorsque la durée de confinement dépasse une dizaine de jours, pour les femmes enceintes ou jeunes mères, pour les personnes en situation de précarité financière ou dont le couple connaît des tensions, qui s’ennuient ou souffrent d’incertitude par rapport au niveau de risque ou à la conduite à tenir.  

Ces résultats sont confortés par une étude menée durant le confinement chinois de Wuhan. Réalisée entre le 30 janvier et le 3 février 2020 par la faculté de psychologie et de santé mentale de la Naval Medical University de Shanghai auprès de 2 091 Chinois, elle indique la prévalence d’un stress post-traumatique dans la population étudiée établi à 4,6 %, un mois après le début de l’épidémie. Elle atteignait 18,4 % pour la population composée de patients suspectés ou de personnes en contact avec les malades.

En France, à l’annonce des mesures de confinement, le 16 mars dernier, plusieurs études ont été lancées afin d’en analyser les effets psychologiques. Quelques exemples : 

* sous la houlette d’Anne Giersch, directrice du laboratoire Neuropsychologie cognitive et physiopathologie de la schizophrénie de l’université de Strasbourg, une étude est conduite auprès des volontaires sains, qui vise à évaluer les conditions de confinement, l’environnement social et le bien-être mental des individus concernés (dont le recrutement est achevé). Elle interroge sur la santé en général, l’infection éventuelle par le virus, l’inquiétude face au risque de contamination, les conditions du confinement (surface du domicile, nombre de personnes sous le même toit, jardin…), le réseau social avant et pendant le confinement, l’humeur, les émotions, le niveau de stress et les perceptions ;

* le groupe de recherche Human Adaptation Institute, en collaboration avec des chercheurs de plusieurs laboratoires et universités (Cermes3, ICM, LIP PC2S-université Savoie Mont Blanc, université Paris-2 Panthéon-Assas), a lancé l’étude COVADAPT, qui tente de comprendre les impacts sociaux, de santé mentale (psychologique, psychiatrique, cognitif) et de gestion de crise, ainsi que les adaptations à court et long terme qu’elle va générer. 70 questions sont posées aux volontaires et un suivi sur plusieurs semaines est prévu. Pour y participer, cliquez ici ;

* l’université Lyon-3 pilote l’étude « Le confinement & ses effets sur le quotidien » au moyen d’un questionnaire élaboré par le Pr Lise Bourdeau-Lepage. Il évalue les changements intervenus (relations sociales, habitudes/modes de vie, bien-être en général) dans le quotidien des personnes confinées et leur adaptation. Pour y participer, cliquez ici.

* « L’évaluation du bien-être durant le confinement en lien avec le COVID-19 » est une étude conçue par l’équipe du Centre ressource de réhabilitation psychosociale du centre hospitalier lyonnais Le Vinatier, en collaboration avec l’équipe HESPER, de l’université Lyon-1. Un questionnaire, envoyé à plusieurs reprises tout au long de la période de confinement, analyse les facteurs pouvant influencer le vécu des interrogés. Pour y participer, cliquez ici

Parallèlement, dans le but d’accompagner la population pendant la phase de confinement, le gouvernement a annoncé le lancement d’un « dispositif national grand public de soutien psychologique aux personnes qui en auraient besoin », disponible à partir du numéro vert dédié au COVID-19 (0800 130 000). Il réoriente les personnes requérant un soutien vers une plateforme psychologique spécifique.

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