26 mai 2020
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Renoncement aux soins : attention à l’aggravation de l’état de santé des malades chroniques !

Temps de lecture : 2 minutes


En raison des mesures de l’épidémie de coronavirus, de nombreux patients chroniques ont renoncé à consulter des professionnels de santé. Une interruption dans leur suivi médical qui pourrait laisser craindre une deuxième vague de COVID-19 au sein de cette population à risque.

Dans le cadre de la pandémie de COVID-19, la surpopulation de certains services hospitaliers contraste avec une absence de patients dans d’autres. Jugés particulièrement à risque, les malades chroniques sont en effet nombreux à avoir renoncé aux soins durant la crise liée au coronavirus. Ce qui s’explique majoritairement par les mesures de confinement et la crainte d’être contaminés en s’exposant à des personnes atteintes par le virus. 

Pour faire le point sur la situation, Ipsos a réalisé, pour la biotech Amgen France, une enquête sur les habitudes des patients pendant la crise sanitaire. Dans le cadre de l’observatoire Datacovid, plus de 5 000 personnes ont été interrogées au mois d’avril, dont 1 300 souffrant de pathologies chroniques (diabète, cancer, maladie respiratoire, insuffisance rénale, hypertension artérielle, etc.). 

Une majorité des patients a renoncé à une consultation

Les résultats révèlent que 51 % des malades chroniques ne se sont pas rendus à une consultation médicale prévue dans le cadre de leur prise en charge habituelle, et ce, à cause de la pandémie. Pour certains, il s’agit d’une impossibilité d’accès au praticien (kinésithérapeute, infirmier, etc.). En parallèle, 15 % ont renoncé à aller à l’hôpital. Autre fait, moins fréquent, mais plus préoccupant, un arrêt ou un retard de traitement a été remarqué dans 8 % des cas. 

Ce phénomène de renoncement touche toutes les affections, mais s’avère particulièrement important pour les personnes atteintes d’insuffisance rénale, de maladies chroniques du foie, de pathologies immunitaires ou ayant besoin de traitements immunosuppresseurs. 

Globalement, près d’un patient sur trois, majoritairement les moins de 35 ans, estime que l’épidémie de coronavirus a eu un impact sur la prise en charge de son affection. 

Quelles solutions pour pallier au renoncement

Alors comment les patients ont-ils fait face à ce déficit de prise en charge physique ? Paradoxalement, alors que la télémédecine a été largement mise en avant comme solution de suivi pendant la crise, la majorité des patients n’a pas plébiscité les outils digitaux. Ainsi, seulement 16 % du panel a eu recours à la téléconsultation pour le suivi de sa maladie chronique et 4 % a téléchargé une application mobile de santé.

En revanche, un quart de la population sondée s’est informée en ligne, sur des sites spécialisés, des espaces d’associations de patients ou encore des forums.

Un risque d’aggravation lié à la discontinuité du suivi

Au jour du déconfinement, cette interruption dans le suivi médical inquiète particulièrement les professionnels de santé qui se disent préoccupés face au risque d’aggravation de l’état de santé de ces individus. « Ces renoncements aux soins peuvent engendrer de graves dommages, particulièrement pour des pathologies chroniques ou aiguës », explique ainsi France Assos Santé. L’organisation s’est d’ailleurs associée avec de nombreuses structures (Unicancer, Fehap, Fédération hospitalière de France, Union nationale des professionnels de santé, Fédération de l’hospitalisation privée) pour alerter les patients et rappeler qu’il « est essentiel de continuer à se soigner et que les autres pathologies existantes ne doivent pas être négligées ». En outre, une potentielle « deuxième vague » de coronavirus, principalement constituée de malades chroniques, est évoquée par Amgen France.

© Freepik

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