11 juillet 2020
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Analyser la crise du Covid-19 pour se préparer à de futures pandémies

Modifié le Temps de lecture : 3 minutes


Alors que l’OMS lance une étude sur la réponse internationale à la crise, mais aussi sur les origines du virus, des experts français se réunissent au sein de l’institut COVID-19 Ad Memoriam, dont la fonction est de mieux se préparer à de futures pandémies.

La pandémie de coronavirus présente un impact majeur à tous les niveaux de la société. La crise qu’elle a engendrée s’avère non seulement sanitaire, mais aussi économique et sociale. Les habitudes de la population ont d’ailleurs subi une forte mutation, d’une part, en raison des mesures de confinement, d’autre part, à cause des précautions sanitaires afférentes à la rapidité de propagation de l’affection.

Évaluer les actions internationales pilotées par l’OMS

Dans ce contexte, l’Union européenne a présenté un projet de résolution à l’OMS (Organisation mondiale de la santé) promouvant une analyse « impartiale, indépendante et complète » sur les origines du virus, sa transmission à l’homme et la réponse internationale à la pandémie coordonnées par l’instance sanitaire internationale. Plusieurs instances devraient intervenir, comme l’Organisation mondiale de la santé animale, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et les États eux-mêmes.

La motion a été adoptée par les 194 pays membres de l’OMS le 19 mai dernier, lors de l’Assemblée mondiale de la santé, qui a pour ambition finale de perfectionner « les capacités mondiales de prévention, de préparation et de riposte face aux pandémies ». 

COVID-19 Ad Memoriam : mesurer l’impact en France

Dans cette même optique, en France, une initiative a vu le jour le 25 mai dernier. L’institut de recherche COVID-19 Ad Memoriam a été mis en place sous l’égide du WHO Collaborative Center for Research on Health and Humanitarian Policies and Practices de l’IRD, basé au CEPED (université de Paris, IRD, Inserm).

Cette nouvelle plateforme vise à réunir des experts issus de divers secteurs : chercheurs, soignants, juristes, associations de victimes, représentants de la société civile, philosophes ou encore artistes. Ils aspirent à « penser ensemble la pandémie de COVID-19, qui constitue une rupture anthropologique majeure pour la société française et, plus largement, notre monde globalisé ».

L’initiative s’oriente vers deux pôles principaux. Tout d’abord, une méta plateforme de recherche. Bénéficiant de financements publics, elle mènera des projets d’étude sur l’incidence sociétale et permettra de collecter et de diffuser les connaissances actuelles et futures. Il s’agit de comprendre comment le COVID-19 a immobilisé la France et de nombreux pays, ainsi que d’analyser ses effets sur les individus, qu’il s’agisse de deuil sans possibilité d’assister à un enterrement, d’isolement, etc. 

En parallèle, une plateforme récoltera les propositions pour contribuer soit à l’élaboration des politiques publiques sur les plans de la santé, de la culture, de l’éducation ou encore de la justice, soit à l’établissement de pratiques commémoratives. Sur ce point en particulier, l’institut se veut « un espace de conservation de l’histoire et d’entretien de la mémoire des événements, grands et petits, liés à l’épidémie ». Soulignant l’importance de se souvenir des « actes de courage et de dévouement » qui ont permis de limiter les conséquences de la crise.

Une organisation aux profils variés pour une analyse transversale

Le croisement des expertises a pour ambition de participer aux défis de la réinvention de la société. Relancer les manifestations artistiques et culturelles, notamment en groupe. Retrouver une vie collective et sociale sereine tenant compte des mesures de prévention et des gestes barrières. S’approprier les pratiques qui ont émergé à l’aune de la crise sanitaire (télémédecine, enseignements à distance, etc.). Mieux résister à une éventuelle prochaine épidémie. 

Concernant l’organisation, la structure, pensée comme un « consortium d’institutions », rassemble d’ores et déjà le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, plusieurs universités, le Syndicat national des médecins chirurgiens, spécialistes, biologistes et pharmaciens des hôpitaux publics, l’Association France Victimes, le Comité consultatif national d’éthique ou encore le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Une liste non exhaustive et ouverte. 

D’un point de vue opérationnel, le portage et la gestion sont assurés par le WHO Collaborative Center for Research on Health and Humanitarian Policies and Practices de l’IRD (Institut de recherche pour le développement) qui a été labellisé le 11 mai dernier « centre collaborateur OMS (Organisation mondiale de la santé) ». Cet organisme se consacre aux recherches sur les crises sanitaires et humanitaires. Il est géré par Laëtitia Atlani-Duault, directrice de recherche en anthropologie et santé publique au CEPED et membre du comité scientifique COVID-19, mais également à la tête de COVID-19 Ad Memoriam. Viennent en appui une équipe opérationnelle illustrant une diversité des profils, un conseil d’orientation stratégique qui réunit, entre autres, les représentants des infrastructures engagées dans l’institut et, enfin, un comité scientifique international chargé de contrôler les orientations stratégiques et scientifiques issues de l’organisme, ainsi que les projets qui pourraient être financés en fonds propres. 

© Jacques Paquier CC BY 2.0 Flickr

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