11 juillet 2020
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L’activité thermale connaît sa date de reprise

Thermes de Royat © Fabrice Ribet
Modifié le Temps de lecture : 3 minutes


Fermés depuis le 16 mars dernier, les établissements thermaux ont enfin leur date de réouverture. Comme pour les autres filières, ce sera le 2 juin. Reste maintenant à la profession à s’organiser pour mettre en place les bonnes pratiques de son guide sanitaire.

Parmi les nombreuses annonces faites hier soir, jeudi 28 mai, par le Premier ministre, l’une concerne plus particulièrement le secteur thermal. Un décret va reprendre l’ensemble des éléments énoncés par Édouard Philippe, tandis qu’un point sera dédié à la réouverture des centres thermaux, effective le 2 juin. En cours d’écriture, ce document devrait paraître durant le weekend. Préfecture et ARS sont d’ores et déjà prévenus de la mesure.

Interpellé à plusieurs reprises depuis la fermeture des établissements (le 17 mars dernier), Matignon avait répondu par un courrier, le 11 mai 2020, dans lequel Édouard Philippe indiquait qu’il était conscient que le thermalisme, « à l’instar de nombreux acteurs du tourisme » avait été « touché rapidement et très brutalement par les mesures de confinement ». Précisant ainsi que la filière était intégrée dans les mesures prises par le gouvernement pour ériger le tourisme « au rang de priorité nationale ». Logiquement, le gouvernement a donc acté la réouverture des établissements thermaux, calquée sur celle des acteurs du tourisme.

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Toutefois, cela ne signifie pas que les structures vont rouvrir à cette date. Ces dernières devant s’organiser pour relancer leur activité. Parmi les actions à mener, outre la réintégration du personnel ou la conduite d’analyses de leur eau, il y aura celle, essentielle, de la mise en œuvre des mesures sanitaires dans la gestion et la prévention de la crise de COVID-19.

Des règles sanitaires validées par la DGS

Cela faisait plusieurs mois que le syndicat des établissements thermaux (CNETh), notamment accompagné par Denis Malvy, infectiologue, conseiller du ministre de la Santé, Olivier Véran, travaillait à l’élaboration d’un guide sanitaire. Validé hier soir, jeudi 28 mai, par la Direction générale de la santé (DGS), ce plan doit désormais entrer en application dans les centres et préparer le retour des curistes dans leurs enceintes. 

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Pour ce faire, le syndicat, qui représente les 110 établissements thermaux de France, soit l’intégralité des centres sur le territoire, l’a diffusé auprès de ses adhérents. Parmi les mesures :

  • une cellule COVID-19, installée dans les communes thermales, « doit permettre de coordonner le recueil et l’élaboration de l’information comme de suivre les recommandations et les directives des autorités sanitaires, dont en particulier l’ARS, et d’assurer leur bonne information » ; 
  • la formation de tout le personnel, sans exception, au référentiel intitulé « Prévention et gestion du risque COVID-19 » opérant dans les centres thermaux. Sachant qu’il s’agira d’un préalable à la réouverture de l’établissement et qu’il concernera également les emplois saisonniers pourvus en cours de saison ;
  • l’élaboration d’un plan de zonage, identifiant « principalement les zones sèches et les zones humides », lequel devra être porté à la connaissance des curistes, visiteurs ou autres usagers et des personnels par voie d’affichage ;
  • le port des équipements de protection individuelle (gants, gilets, combinaisons, chaussures, casques, harnais de sécurité, protections auditives, etc.), qu’il faudra qualifier par un plan, adapté aux différentes catégories d’utilisateurs ; 
  • l’identification, sur la commune thermale, des laboratoires en capacité de pratiquer des tests de type test diagnostique RT-PCR par prélèvement nasopharyngé, dès lors que le médecin aura prescrit le test à un curiste présentant une suspicion de COVID.

La gestion sanitaire du « temps d’après »

Si l’enjeu de cette reprise pour la filière thermale est évidemment sanitaire, compte tenu de son implication auprès des malades chroniques, il est également économique, celle-ci accusant aujourd’hui des pertes importantes sur le chiffre d’affaires du premier semestre, pouvant aller jusqu’à 85 % pour certains établissements. Des négociations ont été engagées en ce sens avec la Cnam, notamment pour la prise en charge de la perte d’exploitation, de même que sur l’extension de la saison thermale jusqu’au mois de décembre.

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Cependant, et comme l’a exprimé Claude-Eugène Bouvier, directeur délégué du CNETh, dans une tribune publiée dans nos colonnes le 15 mai dernier, il y a aussi un intérêt à considérer la sortie de crise pour le secteur thermal, notamment en raison de « la perspective d’une transformation possible par l’élargissement des champs de compétences ». Le thermalisme envisage ainsi de contribuer au « temps d’après », une fois son activité relancée, par « la réhabilitation des patients convalescents post COVID-19 », comme via la gestion de la population rencontrant « des troubles psychosomatiques liés à l’épidémie et au confinement » et la « prise en charge au bénéfice des personnels soignants et des aidants de la surcharge de stress physique et psychique induite par l’épidémie ».

 

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