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Santé

Les kinésithérapeutes en renfort sur les traitements post cancer du sein

Temps de lecture : 3 minutes


Alors que des mesures sanitaires ont été élaborées par l’ordre des masseurs kinésithérapeutes pour sécuriser les consultations, un nouveau réseau réunit les praticiens formés à la sénologie et promeut l’orientation des patientes opérées d’un cancer du sein vers ces spécialistes aptes à proposer un accompagnement de la maladie dans toutes ses composantes. 

En préparation depuis presque 2 ans, le Réseau des kinésithérapeutes du sein (RKS) a officiellement vu le jour le 19 février dernier. Cette initiative, née de l’idée d’une praticienne libérale bordelaise, Dorothée Delecour, a pour ambition de regrouper des kinésithérapeutes ayant suivi une formation spécifique en sénologie, et donc capables de suivre les personnes opérées d’un cancer du sein. 

Promouvoir les spécialistes en sénologie, pour un accompagnement global

L’existence du dispositif est motivée par le fait que les études de kinésithérapie prévoient une appréhension assez limitée du cancer du sein, qui « se limite souvent au drainage lymphatique », comme l’explique Jocelyne Rolland, marraine du réseau. Ainsi, les douleurs ne sont pas systématiquement abordées, alors qu’elles représentent une attente majeure. De même, l’aspect psychologique n’est pas mis en exergue lors de la formation initiale. D’ailleurs, le réseau souligne que les préconisations de la Haute Autorité de santé (HAS) concernant ces cancers vont dans le même sens : « Bien [qu’elles] ne parlent que de drainage lymphatique et de récupération articulaire de l’épaule, cette rééducation n’est pas et ne doit pas être une simple prise en charge lymphologique ».

Les kinés membres du réseau RKS, qui sont donc spécialistes en sénologie, sont en mesure de proposer aux patients un accompagnement tout au long du traitement, de soulager et de traiter les douleurs et éventuels effets secondaires. Sont ainsi pris en charge les cicatrices, les œdèmes, les lymphocèles, les raideurs d’épaules, les cordes axillaires, les fibroses, les problèmes de posture, etc. Ce qui demande une connaissance approfondie des différents traitements (chimiothérapie, radiothérapie, hormonothérapie), mais aussi des techniques de chirurgie curatives et réparatrices. 

Le réseau, qui compte actuellement plus de 300 adhérents, vise à disposer d’un référent par département en charge de la formation continue des professionnels. En outre, l’idée est de promouvoir cette spécialité auprès des oncologues ou encore des chirurgiens afin que ceux-ci orientent davantage vers ces praticiens les patientes atteintes d’un cancer du sein. 

En outre, d’autres types de cancer peuvent justifier ces consultations : « Tous les principes qu’on apprend dans le cancer du sein sont transposables dans les autres cancers féminins », selon Jocelyne Rolland, qui affirme qu’il s’agit alors d’adapter la séance de rééducation à la zone lésée.

Des recommandations sanitaires pour les kinés

D’ailleurs, au moment où la reprise des activités s’engage dans le contexte de crise sanitaire, l’ordre des masseurs kinésithérapeutes a édité, le 6 juin dernier, un guide des bonnes pratiques à destination des praticiens en cabinet. En plus des règles sanitaires communes, comme le port du masque pour les patients, la mise à disposition de gel hydroalcoolique ou la désinfection du matériel, des éléments sont apportés sur le déroulement des soins. 

Par exemple, concernant l’accès aux plateaux techniques, il est conseillé que chaque patient dispose d’une surface de 4 m² et que les locaux soient aérés régulièrement. Pour la pièce de soins, après les séances, qui augmentent la projection de gouttelettes, comme l’activité physique ou la réhabilitation respiratoire, les praticiens sont tenus d’attendre environ 20 min avant de procéder à la désinfection et de recevoir un nouveau patient.

Pour le cas particulier de la balnéothérapie, les ARS (Agences régionales de santé) doivent autoriser l’accès à ces installations au préalable après un examen des bénéfices/risques pour les patients. Et, comme pour le plateau technique, chacun disposera d’un espace de 4 m².

Autre point d’attention : le retour au domicile du kinésithérapeute. Celui-ci doit se désinfecter les mains ou encore laver ses vêtements de travail tous les jours, séparés des autres habits, à 60 °C pendant au moins 30 min.

Est également développé le cas des cabinets accueillant des stagiaires. Ainsi, ces dispositifs ne sont possibles que lorsque les lieux le permettent : pour recevoir le patient, le kinésithérapeute et le stagiaire, une pièce doit atteindre au minimum 10 m². Et l’on fournira à l’étudiant tout le matériel de protection nécessaire.

© National Cancer Institute – Unsplash

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