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Société

Les vacanciers peuvent compter sur des eaux de baignade de qualité en Europe


Au cours de la saison balnéaire passée, le contrôle des eaux de baignade montre des performances toujours élevées et de moins en moins de zones affectées par la pollution. Des données qui pourraient tranquilliser les futurs baigneurs, inquiets quant à la circulation du coronavirus en milieu aquatique.

L’Agence européenne pour l’environnement (AEE), en collaboration avec la Commission européenne, a publié, lundi 8 juin, les résultats de son évaluation annuelle sur la qualité des eaux de baignade du Vieux Continent pour la saison balnéaire 2019. 

Des progrès réguliers sur la qualité des eaux européennes…

Globalement, les résultats font état d’une qualité élevée sur une grande majorité des sites contrôlés à travers l’Union européenne. Ainsi, les normes en la matière sont respectées dans 95 % des localisations. Autre donnée encourageante : presque 85 % des 22 295 sites européens (dont deux tiers le long de la façade maritime) sont jugés de qualité excellente. Pour aller dans le détail, les meilleurs élèves sont Chypre, l’Autriche, Malte, la Grèce et la Croatie, qui dépassent tous les cinq les 95 % d’eaux d’excellente qualité. Avec une proportion atteignant 79,5 %, la France arrive en 18e position.

Ces informations recoupent les eaux côtières et les espaces intérieurs. Mais des différences existent entre ces zones. En effet, la part d’eaux d’excellente qualité dépasse les 87 % sur les côtes et chute à 79 % pour les sites intérieurs, ces derniers étant davantage exposés aux pollutions ponctuelles engendrées par les pluies.

Pour l’AEE, la qualité de ces eaux s’est largement améliorée au cours des dernières années. Plusieurs raisons sont avancées, à commencer par les critères de surveillance établis par la directive européenne sur la gestion des eaux de baignade émise en 2016. Sont également mis en avant les investissements pour perfectionner les systèmes de traitement des eaux urbaines résiduaires qui ont entraîné une réduction conséquente des émissions de polluants. Et permettent aux Européens de se baigner dans des zones anciennement très polluées. « La qualité des eaux de baignade reflète le succès de la mise en œuvre de multiples politiques environnementales dans le domaine de l’eau », assurent les auteurs du rapport qui félicitent les politiques publiques, notamment en matière de gestion des eaux usées provenant des habitations et des industries.

… mais toujours des problématiques à gérer dans plusieurs pays

Malgré tout, et même si la quantité de sites présentant des eaux de qualité insuffisante a diminué pour atteindre 1,3 % (contre 2 % en 2013), l’Agence souligne que quelques problèmes persistent dans certains pays, comme l’Albanie, l’Estonie, la Hongrie, les Pays-Bas, l’Irlande et la Slovaquie. Des recommandations sont alors prévues par la directive européenne pour une meilleure gestion des eaux. 

Ainsi, afin d’éviter que les baigneurs soient exposés à la pollution qui peut être à l’origine de maladies, les États membres doivent interdire la baignade dans les zones concernées. Il est ensuite demandé d’identifier les sources de pollution et de mettre en place les actions adéquates pour y remédier, comme la baisse du débordement des égouts ou le traitement des eaux urbaines. Enfin, la population doit être informée des causes de la pollution.

Des mesures qui peuvent prendre un caractère plus drastique dans certains cas : la législation de l’Union européenne prévoit qu’un site dont la qualité aurait été jugée insuffisante pendant 5 années consécutives doit être définitivement fermé. Sur l’intégralité du continent, 55 zones étaient dans cette situation en 2019, dont 2 en France et 36 en Italie.

Lire aussi :  Le COVID-19 peut-il rester actif dans les eaux de baignade ?

Des interrogations persistantes sur la circulation du COVID-19 dans les eaux

Dans le contexte de crise sanitaire, les données mettant en lumière des eaux de baignade de grande qualité dans toute l’Europe se veulent rassurantes pour les futurs vacanciers de la saison estivale. Cela étant, de nombreuses interrogations demeurent quant à la circulation du coronavirus dans l’eau et aux contaminations possibles.

Certes, le rapport de l’AEE explique que la surveillance des eaux de baignade dans le cadre de la directive ne comprend, pour l’instant, pas d’indicateurs viraux permettant de confirmer ou d’infirmer la présence de virus. Cependant, il met en lumière, d’une part, une réglementation très stricte concernant les effluents d’eaux usées, notamment dans les espaces côtiers. D’autre part, pour l’OMS (Organisation mondiale de la santé), rien ne prouve que le COVID-19 aurait pu transiter par des réseaux d’assainissement. Enfin, d’après les informations des Centres de contrôle et de prévention des maladies aux États-Unis, le risque de transmission par des réseaux bien entretenus est faible.

L’eau ne serait donc pas un vecteur particulièrement dangereux pour l’AEE, qui affirme néanmoins qu’une contamination s’avérerait envisageable sur les plages où la concentration d’individus serait trop importante et les règles sanitaires édictées par les autorités locales et nationales mal respectées.

Lire aussi :  L’appel pour la « libération des plages » entendu

Cliquez ici pour accéder au rapport de l’AEE.

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