20 juillet 2020
AQUÆ, le journal BtoB des filières Tourisme, Santé & Bien-être
Santé

Le COVID-19 peut-il rester actif dans les eaux de baignade ?

Modifié le Temps de lecture : 3 minutes


Si se baigner en piscines ou à la plage est peu risqué, des scientifiques espagnols le déconseillent en milieu naturel d’eau douce, pour éviter l’infection par coronavirus.

Le Conseil supérieur pour la recherche scientifique (CSIC), principal organisme public de recherche d’Espagne, a publié, le 7 mai dernier, un rapport réalisé à la demande du secrétariat d’État au Tourisme, analysant la probabilité de transmission du virus du SARS-CoV-2 dans les espaces destinés à la baignade et autres activités aquatiques. Il s’appuie sur la compilation de la littérature scientifique existante pour formuler des recommandations.

Le Conseil rappelle que les principales voies de transmission du virus en piscines sont les sécrétions respiratoires générées par la toux, les éternuements ou encore un contact physique rapproché. Les agglomérations de personnes qui peuvent se produire dans les piscines et sur les plages, ainsi que les objets et les surfaces de contact, peuvent également constituer des vecteurs de contagion. 

Une infection par l’eau des piscines peu probable

« Rien n’indique que le virus qui cause le COVID-19 est transmissible par l’eau dans les piscines, les bains thermaux, les spas ou les aires de jeux aquatiques. Le bon fonctionnement et l’entretien (y compris la désinfection au chlore ou au brome) de ces installations doit permettre l’inactivation du virus », indique le rapport. Le respect de la réglementation en vigueur suffit ainsi à assurer la salubrité et la qualité de l’eau. 

Dans les saunas, les hammams et les installations thermales, les hautes températures (> 60 °C) et le taux d’humidité plus élevés entraînent également une survie réduite du virus. 

Lire aussi :  Des mesures concrètes pour la réouverture des piscines publiques

S’agissant de l’eau de mer, si aucune information scientifique n’est disponible sur la capacité du SARS-CoV-2 à y demeurer présent, le CSIC estime que l’effet de dilution et la présence de sel sont des facteurs qui contribuent probablement à une diminution de la charge virale et à son inactivation, « par analogie avec ce qui se passe avec des virus similaires ».

En revanche, les conclusions sont beaucoup plus mesurées en ce qui concerne l’eau des lacs, des étangs et des rivières. En effet, des études ont montré que d’autres coronavirus « continu[ai]ent d’être temporairement infectieux dans les environnements naturels d’eau douce ». Les mesures de précaution doivent y être « extrêmes » et le Conseil invite à prêter une attention particulière aux petits bassins d’eau douce, qui ont les faveurs des baigneurs et risquent de conduire à une éventuelle concentration du virus. La fréquentation à des fins récréatives de ces environnements aquatiques est donc fortement déconseillée.   

« Le problème, c’est les gens »

L’environnement des espaces aquatiques a aussi fait l’objet d’une analyse. Bien qu’il n’y ait pas d’étude sur la prévalence des virus dans le sable et les berges, l’action conjointe du sel, du rayonnement solaire par ultraviolets et de la température élevée est défavorable à la survie du SARS-CoV-2, précise le rapport, qui souligne qu’une éventuelle désinfection des plages impose de suivre les normes environnementales en vigueur. 

Dans les équipements de type piscines, spas ou centres aqualudiques, la stabilité du virus sur des surfaces telles que le métal ou le plastique sont à considérer. Si les virus infectieux peuvent être détectés jusqu’à 4 h sur du cuivre, 24 h sur du carton et du bois, entre 48 h et 96 h sur de l’acier inoxydable et jusqu’à 96 h sur du plastique, les méthodes de désinfection standard, avec de l’eau de Javel diluée ou de l’éthanol à 70 %, les « inactivent efficacement ».

Lire aussi :  Les UV, une solution de destruction des virus et des bactéries

L’infection par le SARS-CoV-2 dans le cadre d’une fréquentation récréative d’espaces aquatiques est très peu probable, conclut le CSIC. Cependant, le plus grand risque de contagion réside dans la rupture de la distance interpersonnelle liée aux types d’activités pratiquées à cette occasion. Antonio Figueras, biologiste à l’Institut de recherche marine de Vigo et lun des signataires du document, dans un entretien avec El País, observe : « Le problème n’est pas l’environnement, que ce soit l’eau ou le sable, mais les gens. Bien que la mer ne soit pas le lieu idéal pour la transmission, s’il y a des regroupements, cela peut arriver ». Insistant sur la nécessité de respecter la distanciation sociale, il ajoute : « Si vous me demandez : « Puis-je entrer dans un jacuzzi ? » Oui, mais vous ne pouvez pas être avec 10 personnes dans le jacuzzi. « Puis-je aller à la plage ? » Oui, mais nous ne pouvons pas tous rester ensemble ».

© Chuttersnap – Unsplash

À lire également sur Aquæ...

X