10 juillet 2020
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One Health, lutter contre les pandémies au moyen de l’alimentation-santé

© Bence Balla-Schottner - Unsplash
Modifié le Temps de lecture : 3 minutes


Le concept, jusqu’alors plutôt exploité en médecine vétérinaire, en sciences biomédicales ou en sciences du vivant, pourrait émerger au regard de la crise sanitaire : il promeut une approche de santé unique, regroupant l’environnement, les animaux et la santé publique.

Dans le contexte de pandémie de COVID-19, le concept « One Health » semble particulièrement d’actualité et pourrait trouver ici une période opportune pour se déployer plus vastement. La raison ? Cette notion, qui signifie « santé unique ou globale », repose sur une appréhension globale de la santé environnementale, animale et humaine. Et si l’espèce responsable du SARS-CoV-2 pose encore des questions, l’origine animale du virus est indiscutable pour la communauté scientifique. Encore peu connue du public, la stratégie « One Health » pourrait-elle s’intégrer aux plans d’action gouvernementaux pour participer à l’anticipation et à la gestion de pandémies ?

L’interconnexion entre santé animale et santé humaine

Pour commencer, il convient de souligner le lien entre santé humaine et santé animale : sur plus de 1 400 espèces d’agents pathogènes touchant les humains, 58 % proviennent des animaux, selon une étude menée en 2005 à l’université d’Édimbourg (Royaume-Uni). C’est notamment le cas des virus Ebola et Influenza, responsables d’importantes épidémies. Mieux comprendre les agents infectieux animaux pourrait donc participer à la connaissance d’une grande partie des affections humaines.

Vient ensuite la connexion avec la santé de la terre. L’exemple de l’impact du réchauffement climatique peut être avancé. D’après des travaux du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, publiés en janvier 2018, ces changements ont affecté la transmission d’un vaste éventail de pathologies à transmission vectorielle en Europe, comme le zika, la dengue et le chikungunya, apportés par le moustique tigre d’Asie.

Un congrès virtuel pour propulser le concept sur le devant de la scène

L’association française Bleu Blanc Cœur va plus loin. Fondée en 2000, son objectif est de promouvoir une agriculture protégeant la chaîne alimentaire, la santé animale et humaine, avec le soutien de l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) et de Valorex, entreprise spécialisée dans la recherche en santé animale. Mardi 23 juin, elle a tenu la première partie du congrès virtuel « One Health », qui sera également diffusé le 30 juin et le 7 juillet. Celui-ci vise à présenter le fruit de ses réflexions concernant le lien entre les bactéries du sol, les plantes et les organes humains, après adaptation des objectifs scientifiques au regard de la crise sanitaire.

Plusieurs thématiques afférentes au concept y sont traitées. Le sujet principal étant l’alimentation, notamment pour lutter contre le COVID-19. Dans cette optique, le Pr Ronan Thibault a exposé un projet d’étude clinique randomisée en double aveugle sur les conséquences de la nutrition en prévention du virus. Il s’agirait d’apporter une supplémentation en oméga-3, qui seraient déficitaires dans l’alimentation de la population en général, à des patients récemment diagnostiqués. Ces travaux se fondent sur l’hypothèse suivante : le décès de patients atteints du COVID-19 en réanimation ne découle pas de l’infection virale en elle-même, mais d’une hyper inflammation, sachant que la phase de reflux de l’inflammation est gérée par les oméga-3. Ils reposent également sur le fait que ces acides gras peuvent être utilisés pour les patients en réanimation souffrant du SDRA (Syndrome de détresse respiratoire aiguë). Selon l’instigateur, un apport supérieur en oméga-3 pourrait donc empêcher l’évolution de la maladie vers une forme grave. 

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L’alimentation pour prévenir les pathologies chroniques

Dans cette lignée, les résultats d’études ont été mis en exergue lors du congrès sur les bénéfices de l’alimentation sur la prévention de certaines affections chroniques. Par exemple, une recherche effectuée par le Centre d’enseignement et de recherche en nutrition du Centre hospitalier de Bretagne Sud, qui a fait l’objet d’une publication en 2006, s’est intéressée au diabète de type 2. L’expérimentation a montré qu’un régime riche en acide linoléique conjugué pouvait notamment entraîner une baisse de l’insulinémie et une amélioration de l’insulinorésistance.

Ainsi, si l’alimentation est susceptible d’impacter l’état de santé de la population, la santé des sols revêt un rôle crucial pour Bleu Blanc Cœur. « Ce lien entre sols et santé nous projette vers de fortes perspectives d’évolution de nos systèmes agricoles s’articulant plus autour de pratiques locales avec rémunération des bénéfices environnementaux », estime l’organisation.*

© Bence Balla-SchottnerUnsplash

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