10 juillet 2020
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L’Europe pionnière pour un système alimentaire durable et de qualité

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Dans le contexte de la pandémie de COVID-19, l’Union européenne endosserait un rôle précurseur en adoptant, et en promouvant à l’international, la stratégie “De la fourche à la fourchette” qui prône un système alimentaire durable à l’échelle du continent.

La crise sanitaire et économique pourrait être l’occasion d’enclencher une nouvelle étape dans le cadre du pacte vert pour l’Europe, qui vise à faire de celle-ci le premier continent climatiquement neutre à l’horizon 2050. La pandémie de coronavirus a mis en lumière l’importance d’un système alimentaire durable, « permettant à tous les citoyens d’accéder à une alimentation suffisante et abordable », explique la Commission européenne. Ce qui nécessite un changement des modes de consommation, ainsi qu’une réduction du gaspillage alimentaire. 

Des bénéfices sanitaires, sociaux et économiques

C’est pourquoi cette dernière a présenté, le 20 mai dernier, la stratégie « De la fourche à la fourchette ». Soulignant la connexion entre une population en bonne santé, des sociétés en bonne santé et une planète en bonne santé, elle a vocation à soutenir l’Union européenne dans l’accomplissement des Objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU (Organisation des Nations unies). 

Dans ce contexte de crise, la Commission estime qu’un système alimentaire durable offrirait des avantages, non seulement d’un point de vue sanitaire, mais aussi social et environnemental. Une alimentation plus saine conduira à une population en meilleure santé. Globalement, les habitudes des Européens ne sont pas en corrélation avec les recommandations nationales. Plus de la moitié des adultes sont en surpoids, un facteur de risque majeur de pathologies chroniques.

L’impact sur le plan économique est double. D’une part, les coûts de santé seront, par conséquent, réduits. D’autre part, l’ensemble de l’écosystème agroalimentaire européen sera favorisé (producteurs, entreprises de transformation des aliments, services de restauration, etc.). La compétitivité de l’Union européenne en sortirait renforcée. D’ailleurs, la Commission entend faire de cette métamorphose du système à l’échelle européenne, qui demande une implication de chaque État, un exemple à l’international : « L’objectif est de faire du système alimentaire de l’UE une norme mondiale en matière de durabilité. La transition vers des systèmes alimentaires durables nécessite une approche collective impliquant les autorités publiques à tous les niveaux de gouvernance (y compris les villes, les communautés rurales et côtières), les acteurs du secteur privé tout au long de la chaîne de valeur alimentaire, les organisations non gouvernementales, les partenaires sociaux, les universitaires et les citoyens ».

Pour ce faire, la stratégie repose sur plusieurs aspects : une réduction de la dépendance aux pesticides et aux antibiotiques, une baisse de l’excès de fertilisation, une montée en puissance de l’agriculture biologique, une amélioration du bien-être animal et, enfin, une inversion de la tendance à l’appauvrissement de la biodiversité. 

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Moins d’impact environnemental et des produits abordables

Pour commencer, il s’agit de construire une chaîne alimentaire qui fonctionne à égalité pour les consommateurs, les producteurs, le climat et l’environnement. 

Celle-ci doit présenter un impact environnemental neutre ou positif, c’est-à-dire préserver les ressources naturelles ou encore s’adapter aux effets du changement climatique. La Commission met en avant l’intérêt de s’appuyer sur une économie circulaire, l’agriculture biologique, les énergies renouvelables ou encore la réduction de l’utilisation des pesticides. 

Il faut que la chaîne alimentaire permette aussi à la population d’avoir accès à une alimentation d’un niveau supérieur, répondant à des normes élevées en matière de qualité, sécurité, santé végétale et animale, etc. Il s’agit d’ailleurs de consommer plus de végétaux et moins de viandes rouges et transformées. 

Enfin, les denrées alimentaires doivent rester abordables, tout en assurant des rendements économiques plus équitables, clé de la compétitivité et de l’intégrité du Vieux Continent. En ce sens, la Commission s’engage à présenter une proposition de cadre législatif avant fin 2023 favorisant la cohérence des politiques européennes et nationales et « renforçant la résilience des systèmes alimentaires ». Elle promet, en plus, de promouvoir ce nouveau système alimentaire dans la restauration collective, notamment en instaurant des quotas pour les achats de denrées durables et en adaptant les programmes scolaires afin de renforcer les messages auprès du jeune public portant sur une alimentation saine, durable et la réduction du gaspillage. Des mesures d’incitation fiscale pourraient également être mises en place, par exemple par le biais de la TVA.

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Développer des solutions innovantes

Autres leviers sur lequel la transition pourra s’appuyer : la recherche, l’innovation et les nouvelles technologies. Des éléments moteurs pour développer de nouvelles solutions. Un appel à projets est ainsi prévu dans le cadre d’Horizon 2020, un programme de financements européens. Doté de près d’1 milliard d’euros, il se concentre sur l’alimentation, la bioéconomie, les ressources naturelles, l’agriculture, la pêche, l’aquaculture, l’environnement et l’utilisation des technologies numériques dans l’agroalimentaire. Dans ce cadre, l’accent portera, entre autres, sur le microbiome, les aliments issus des océans, les systèmes alimentaires urbains et les sources de protéines de substitution.

En parallèle, l’UE concentrera sa coopération internationale sur la recherche et l’innovation alimentaire, avec une attention particulière portée à l’adaptation au changement climatique, une alimentation saine, la prévention des crises alimentaires ou encore la santé et le bien-être des animaux. Des actions qui visent à protéger les écosystèmes naturels, mais aussi à prévenir d’éventuelles pandémies futures.

Cliquez ici pour découvrir la stratégie « De la fourche à la fourchette ».

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