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Skookum Jim, l’homme qui valait 3 milliards (de pépites)

Temps de lecture : 4 minutes

 

La ruée vers l’or du Klondike attira des dizaines de milliers de chercheurs d’or sur les berges de cette rivière canadienne. À l’origine de cette quête, un homme : Skookum Jim.

Keish, également connu sous le nom de James Mason, ou le surnom de Skookum Jim, est né vers 1855 (sa date de naissance exacte n’est pas connue), aux alentours du lac Bennett, à la frontière entre la Colombie-Britannique et le Yukon. Membre du clan Dakl’aweidi, il appartient à la nation des indiens Tagish, qui sont traditionnellement des chasseurs-pêcheurs.

Keish hérite de son surnom de “Skookum Jim” dans les années 1880. Alors trentenaire, il travaille comme transporteur pour les mineurs de l’Alaska et se démarque par sa force physique. “Skookum” signifie “fort” dans le jargon de la région. Quant à “Jim”, il s’agit du diminutif de James, son prénom légal. 

Et au milieu coule une rivière

Les années 1880 marque également le début de l’histoire qui le conduira à déclencher une ruée vers l’or. À cette époque, il rencontre le trappeur américain George Washington Carmack, qui est également orpailleur. Les deux hommes et Dawson Charlie, membre de la famille de Skookum Jim, gagnent leur vie en transportant des provisions dans le col Chilkoot, aux confins de l’Alaska et la Colombie-Britannique.

Le trio attrape rapidement la fièvre de l’or qui a gagné le continent américain depuis le début du siècle, en particulier la côte ouest de l’Amérique du nord qui a connu de multiples ruées vers l’or. L’Histoire retiendra notamment celle de Californie, en 1848, qui attire les chercheurs d’or du monde entier et entraîne une croissance incroyable de la société californienne. Ou encore celle du Montana, qui débuta en 1862.

Dans ce contexte, Skookum Jim, George Carmack et Dawson Charlie commencent à prospecter, dans le nord ouest du Canada, les rivières du territoire du Yukon à la recherche d’or, dans l’espoir de faire fortune comme de nombreux orpailleurs avant eux.

À la fin des années 1880, George Carmack épouse Kate, la soeur de Keish. Après quelques années de chasse et de recherche d’or, ensemble et séparément, le groupe se reforme en 1896. Skookum Jim, George Carmack, probablement sa femme Kate et Dawson Charlie traversent alors le territoire qui se trouve au sud de la rivière Klondike.

La légende raconte qu’en août de la même année, ils se reposent au bord du ruisseau Rabbit, affluent de la rivière Klondike qui sera surnommée Bonanza Creek, lorsque l’un d’eux remarque un éclat métallique scintillant dans l’eau. Un éclat qui n’est autre que de de l’or… 

L’appel de la forêt

Ce moment de l’histoire garde une part de mystère : on ne sait pas vraiment qui a vu la pépite en premier. L’Américain George Carmack déclare qu’il est à l’origine de la découverte de l’or, comme le montre le registre du 24 septembre 1896, date à laquelle il a fait valoir leurs droits sur le territoire.

Selon l’écrivain et journaliste Pierre Berton, spécialiste de l’Histoire canadienne, les deux Indiens, Skookum Jim et Dawson Charlie, affirment quant à eux que c’est Skookum Jim.

Quoi qu’il en soit, les trois hommes vont pouvoir exploiter la zone le long du cours d’eau qui regorge de pépites. Lorsque George Carmack fait enregistrer la découverte, et la revendique, il devient propriétaire de deux concessions, dont la Concession de la découverte ou Concession no 37903 qui deviendra un lieu historique national canadien.

Skookum Jim et Dawson Charlie héritent quant à eux d’une propriété chacun. L’exploitation de ces 4 concessions leur permet de gagner collectivement près d’1 million de dollars en or (près de 850 000 euros). Une fortune colossale pour l’époque !

Comme le territoire est très isolé, la nouvelle de leur découverte met près d’un an à s’ébruiter. Si elle a rapidement fait des émules auprès des orpailleurs de la région, ce n’est qu’à l’été 1897 que l’information se fait connaître à l’international. La ruée vers l’or du Klondike est alors massive  et des milliers d’individus se rendent dans le Yukon pour tenter leur chance en explorant les rivières.

De son côté Skookum Jim, qui a une femme et une fille, fait construire une grande maison pour sa famille sur sa terre natale dans le Yukon, à Carcross. Il y passe ses hivers à chasser au lac Tagish. Au printemps, il retourne dans le Klondike pour exploiter sa concession.

Une période de déclin s’ensuit. Il s’adapte mal à son nouveau mode de vie et commence à avoir des problèmes d’alcoolisme. Il fait aussi quelques mauvais investissements. Malgré tout, en confiant la gestion de ses biens à un avocat, il s’assure une vie aisée. Il finit d’ailleurs par vendre sa concession du Klondike afin de retourner définitivement sur ses terres natales.

Keish “Skookum Jim”, dit James Mason, décèdera en 1916, à l’âge d’environ 61 ans, des suites d’une longue maladie. Connu pour sa générosité, Skookum Jim inscrit dans son testament la création du Skookum Jim Indian Fund, pour permettre aux Indiens nécessiteux du Yukon de bénéficier de soins médicaux et d’une aide financière.

©Canada. Ministère-de-l’intérieur. Bibliothèque et Archives Canada PA 044683

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