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Shackleton et son navire perdu, deux légendes de l’Antarctique

Temps de lecture : 4 minutes

 

Ernest Shackleton, explorateur anglo-irlandais, a le goût de la conquête australe. Dès son plus jeune âge, il s’engage dans la marine marchande et prend la mer pour apprendre le métier. En 1901, l’occasion lui est donnée de s’engager dans la première expédition polaire britannique ; il s’y enrôle et part découvrir les horizons givrés de la mer de Ross. À son retour, il est habité par l’ambition de poursuivre l’aventure polaire et de monter sa propre expédition, ce qu’il fait en 1908. L’expérience s’avère malheureuse car le bateau fait rapidement naufrage. 

Description de cette image, également commentée ci-après
Ernest Shackleton à l’époque de l’expédition Endurance (1914-1917). Par Frank Hurleyhttp://www.bonhams.com/auctions/23649/lot/196/?category=list&length=100&page=2, Domaine public, Lien

Mais Shackleton n’est pas homme à renoncer, et il poursuit son exploration depuis la terre ferme. Il embarque une partie de ses hommes pour le pôle Sud géographique. Après une marche australe de plus de deux mois, et quelque 3 000 kilomètres, épuisés, affamés, ils décident de revenir sur leurs pas. L’objectif n’est pas atteint mais Shackleton et ses hommes ont réussi ce qui ne l’avait jamais été jusque-là : s’approcher aussi près du pôle Sud. Cette expédition confère à Ernest Shackleton la notoriété, le surnom de « the boss », et l’anoblissement par le roi Édouard VII.

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Auteur inconnu — This photograph was published in the United States in Ernest Shackleton’s book, South, in 1919., Domaine public, Lien

En 1914, Sir Shackleton reprend le chemin de l’aventure polaire. Il prend la tête de la British Imperial Trans-Antarctic Expedition pour réaliser la première traversée à pied de l’Antarctique, en passant par le pôle Sud, soit 3 300 km de la mer de Weddell à la mer de Ross. Mais dès le départ, l’expédition joue de malchance et l’Endurance, un des navires de la flotte, se trouve pris en étau par les glaces. L’équipage reste bloqué à bord durant des mois. Sous la pression de la glace, la coque du navire finit par se disloquer et l’Endurance doit être évacué. Les vingt-huit hommes s’accrochent à la banquise et vont dériver pendant des mois au gré des mouvements de la glace. 

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L’équipage essayant de libérer le navire.
Par Frank Hurley — This photograph was published in the United States in Ernest Shackleton’s book, South, in 1919., Domaine public, Lien

Trois mois et demi plus tard, alors que les immenses blocs de glace commencent à se fissurer, les explorateurs jettent leurs canots à l’eau pour finalement échouer sur l’île de l’Éléphant, un rocher désert et glacial au nord-ouest de l’Antarctique. Pour sauver son équipage, Shackleton part chercher de l’aide avec cinq hommes, à bord d’une chaloupe pour rejoindre, 1 400 kilomètres plus loin, la Géorgie du Sud. Ils y parviennent fin août 1916 et envoient un remorqueur chilien sauver les vingt-trois autres restés sur l’île de l’Éléphant. Tous ont miraculeusement survécu.

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L’Endurance sur le point de couler en novembre 1915
Par Royal Grographic Society — http://indigo.ie/~jshack/Other%20Ernest%20Pages/endurance.html, Domaine public, Lien

Pendant ce temps-là, l’Endurance s’est disloqué et a été englouti par les glaces en mer de Weddell, au large de l’Antarctique. Si la région où le navire a coulé, il y a plus de cent ans, est connue, son accès reste encore aujourd’hui impossible. La dernière expédition menée en 2019 par la Weddell Sea Expedition a également échoué dans cette quête. Elle explique que les raisons de son échec tiennent à l’épaisseur de la glace qui rend le site inaccessible, même pour des brise-glaces modernes.

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Les 22 hommes laissés sur l’île de l’Éléphant saluent le départ de Shackleton pour aller chercher les secours. Par Frank Hurley — This photograph was published in the United States in Ernest Shackleton’s book, South, in 1919., Domaine public, Lien

L’équipe a toutefois réussi à récupérer des images grâce à un robot sous-marin. Posée au fond de la mer, la goélette de 43,9 m de long et 7,6 m de large reposerait sur un terrain plat, relativement à l’abri de l’érosion, du dépôt de sédiments et des glissements de terrain. L’Endurance pourrait être partiellement intact… De quoi continuer à alimenter les ambitions australes des aventuriers à retrouver le navire perdu de Shackleton.

 

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