26 mai 2020
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Gonarthrose : kinésithérapie 1 – injections de corticoïdes 0

Temps de lecture : 2 minutes


À long terme, la kinésithérapie est plus efficace que la corticothérapie pour atténuer douleurs et incapacité fonctionnelle dues à l’arthrose du genou, révèle une étude américaine.

L’infiltration de corticoïdes permet de soulager rapidement les douleurs arthrosiques, mais ce geste médical n’est pas sans risque, en particulier infectieux, et son bénéfice à long terme est peu documenté. Publiée le 9 avril dernier dans le New England Journal of Medicine, l’étude « Physiothérapie versus injection de glucocorticoïdes pour l’arthrose du genou » a comparé, sur une période d’un an, l’efficacité d’injections intra-articulaire de corticoïdes avec celle obtenue par des séances régulières de kinésithérapie sur les douleurs causées par la gonarthrose. Elle a été conduite par Gail Deyle, enseignant-chercheur en physiothérapie manuelle orthopédique au sein de l’université de Baylor (Waco, États-Unis) et son équipe.

Méthodologie

156 patients souffrant darthrose dans un ou les deux genoux et suivis dans des centres hospitaliers militaires américains ont été inclus entre octobre 2012 et mai 2017. Ils devaient être âgés de 38 ans ou plus (âge moyen : 56 ans) et ne pas avoir reçu d’injection ou un traitement physique de lutte contre la douleur liée à l’arthrose au cours des 12 derniers mois. 

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La moitié des personnes a suivi un traitement par corticoïdes intra-articulaires, sous la forme d’une injection de 40 mg/mL d’acétonide de triamcinolone et 7 mL de lidocaïne à 1 %. Après réexamen à 4 et 9 mois, l’opération pouvait éventuellement être renouvelée pour atteindre au maximum 3 injections au cours de l’année d’étude. Le second groupe a bénéficié de séances de kinésithérapie (jusqu’à 8 sessions) pendant 4 à 6 semaines, qui comprenaient des exercices de mobilisation des articulations et d’étirement pour réduire la raideur articulaire et la douleur. De 1 à 3 séances supplémentaires pouvaient être prescrites à l’issue des examens réalisés aux 4e et 9e mois.   

Résultats

L’analyse des résultats a été effectuée au moyen de l’indice d’arthrose des universités de Western Ontario and McMaster (WOMAC) à 1 an (les scores varient de 0 à 240, les plus élevés indiquant une douleur, une fonction et une rigidité accrues). Alors que l’intensité de la douleur et l’importance du handicap étaient comparables entre les deux groupes au début de l’étude (scores WOMAC initiaux moyens de 108,8 dans le groupe « injections » et de 107,1 dans le groupe « kinésithérapie »), après 1 an, les scores moyens étaient de 55,8 pour le premier groupe et de 37,0 pour le second, soit une différence en faveur de la thérapie manuelle de 18,8 points (indice de confiance : 95 %). Également, à 1 an, pour près d’un quart des patients (23 %) ayant bénéficié de corticoïdes et pour 9 % de ceux ayant participé aux séances de kinésithérapie, leur état ne s’est pas amélioré, voire s’est aggravé. 

Les auteurs de l’étude concluent ainsi que la kinésithérapie conduit à une optimisation du score de douleur et à une meilleure fonction physique que l’injection de glucocorticoïdes à 1 an.

Cliquez-ici pour consulter l’abstract.

© Pxhere

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