10 juillet 2020
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Santé

Ségur de la santé : penser aujourd’hui le système de demain

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Reconnaissance du travail des soignants, plan d’investissement ou encore prise en charge des malades seront au centre de la « grande réunion multilatérale des partenaires sociaux au ministère » (rue de Ségur), lancée aujourd’hui et qui mènera à la refondation de l’organisation française de soins.  

Ce lundi 25 mai 2020 démarre une concertation réunissant les partenaires sociaux et le ministère de la Santé avec l’objectif de repenser l’ensemble du système de santé. Elle fait suite à l’annonce d’Emmanuel Macron, le 25 mars dernier, d’ « un plan massif d’investissement et de revalorisation de l’ensemble des carrières » pour l’hôpital. Baptisé « Ségur de la Santé », du nom de l’avenue où se trouve le ministère, il devrait compter sur la participation de 300 responsables syndicaux et représentants des collectifs de soignants, dont ceux des établissements médico-sociaux, de la médecine de ville ou des Ehpad. 

7 semaines de discussion

Olivier Véran souhaite « aller vite, aller fort ». Le calendrier des travaux s’étendra sur 7 semaines pour aboutir, « au plus tard à la mi-juillet », à la définition de « réponses ajustées » pour construire « un système plus fort et plus résilient ». 

Au programme de ce projet gouvernemental, les groupes de travail aborderont le partage d’expériences, les différentes visions du système de santé, les pistes d’amélioration et de simplification. Des conclusions tirées, il s’agira d’établir un plan « pour traduire tout ce qui peut l’être dans le prochain budget de la Sécurité sociale » qui sera présenté à l’automne. 

Nicole Notat a été désignée pour animer les débats et faire émerger un nouveau modèle. L’ancienne secrétaire générale de la CFDT (1992-2002) va ainsi s’atteler à un vaste chantier pour améliorer la prise en charge des patients et les conditions de travail des soignants.

Hausse des salaires et assouplissement du temps de travail

Une revalorisation des carrières sanitaires est déjà anticipée. Le président de la République a indiqué vouloir « mettre fin » à la « paupérisation » du personnel soignant. Un message repris par Olivier Véran, le 20 mai, à l’issue du Conseil des ministres, qui a confirmé « une hausse des salaires à l’hôpital et en Ehpad », avec l’objectif de s’aligner sur un niveau de rémunération équivalant à la moyenne européenne. L’optimisation des ressources humaines pourrait également s’appuyer sur le développement de nouveaux parcours professionnels, ainsi que sur des « montées en compétences » facilitées. 

Parallèlement, « les carcans qui empêchent ceux qui le souhaitent de travailler davantage » pourraient être levés. Si, selon le ministre, dans un entretien au Journal du Dimanche, « la question n’est pas de déréglementer le temps de travail », les règles pourraient être assouplies afin de permettre, par exemple, un déplafonnement des heures supplémentaires

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Évolution de la gouvernance et des investissements

Une révision du fonctionnement administratif sanitaire avec un dispositif « centré sur le patient, sur son parcours » sera aussi à l’ordre du jour des discussions. Cela passerait par une parole renforcée donnée au personnel soignant au sein des instances de décision

Enfin, 13 milliards d’euros d’investissement sont évoqués, visant à soulager une partie de la dette des hôpitaux qui atteint près de 30 milliards d’euros. Un programme de renouvellement de matériel hospitalier et en Ehpad pourrait aussi être concerné.

© Piqsels

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