10 juillet 2020
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Le syndicat des médecins thermaux dévoile une étude sur l’impact du COVID-19 pour la profession

© RENCONTRES NATIONALES DE JONZAC 2019 - Fédération thermale et climatique française
Modifié le Temps de lecture : 3 minutes


Les médecins thermaux estiment que, pour relancer les cures, des contacts préalables sont indispensables afin d’évaluer de possibles contre-indications. De même, une adaptation des soins est mise en avant.

Alors que la pandémie de coronavirus affecte particulière la filière thermale, le Syndicat national des médecins thermaux (SNMTh) a publié les résultats d’une enquête menée auprès des médecins thermaux pour estimer les conséquences de la crise sanitaire sur leurs pratiques. Réalisée entre le 15 et le 27 mai, celle-ci rapporte de manière anonyme les réponses de 92 praticiens sur trois thématiques : l’avant-cure, les soins thermaux et l’exercice personnel.

L’avant-cure : un contact préalable indispensable

Alors que l’identification des symptômes et le dépistage sont les clés pour assurer le contrôle de la pandémie, plus de 79 % des médecins estiment qu’un contact avec les curistes en amont de la cure est primordial. Cependant, concernant les modalités de ce lien avec les patients, plus de la moitié se prononce en faveur d’un intermédiaire par le biais des établissements thermaux. En parallèle, sur le sujet des moyens de contact, la plupart privilégierait le téléphone. Et, alors que la télémédecine a été largement mise en exergue pendant le confinement, seuls 7,6 % des médecins thermaux utiliseraient la téléconsultation. Quant au dépistage, la majorité du panel ne juge pas nécessaire le recours à un bilan biologique. Pour presque 85 % des médecins thermaux, l’auto-évaluation est la solution adéquate.

Source : SNMTh

Deuxième point abordé sur cette étape de l’avant-cure : la sélection des curistes. Pour les praticiens, des contre-indications sont à prendre en compte. Ainsi, en termes de pathologies, trois cas doivent motiver un refus pour plus de 80 % des professionnels : une insuffisance organique non équilibrée, un cancer en cours d’évolution ou la prise d’un traitement immunosuppresseur majeur. Au niveau de l’âge, la majorité pense qu’il n’y a pas de limite pour suivre une cure, et ce, malgré le contexte. Cela étant, près du quart affirme que les 75 ans et plus feraient mieux d’y renoncer. Enfin, les praticiens sont disposés à filtrer l’entrée en cure si un individu est suspecté de contre-indication. Pour 14 %, au moyen de tests.

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Les soins thermaux : une adaptation possible

Au regard des protocoles sanitaires dans le cadre de la crise, les soins collectifs font partie des zones à risque. Pour les médecins, c’est surtout le cas pour le vaporium. Les soins de piscine ne sont suspectés que par un tiers d’entre eux, les boues et les couloirs de marche par moins d’un cinquième. Les soins individuels sont jugés, quant à eux, peu dangereux. Ne se dégagent que les massages, contre-indiqués pour 20 % du panel. 

Source : SNMTh

En revanche, la majorité affirme que ces soins peuvent être adaptés, qu’ils soient effectués en groupe ou en individuel.

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Exercice personnel : un impact lourd sur le chiffre d’affaires

Troisième point d’interrogation : la pratique de l’exercice professionnel. En premier lieu, pour deux tiers des médecins thermaux, la cure s’avère indispensable pour la majorité des patients. D’ailleurs, avant la crise, le thermalisme représentait une large part du chiffre d’affaires pour presque 9 médecins thermaux sur 10. Logiquement, les conséquences de la chute d’activité en 2020 seront majeures. Ainsi, même si les établissements ouvrent leurs portes en juillet, 75 % des praticiens pourraient perdre plus de la moitié de leur chiffre d’affaires. Ce qui offre des perspectives assez incertaines pour 2021 : 1 médecin sur 10 abandonnerait la médecine thermale. Certains partiraient à la retraite, mais d’autres envisageraient de changer d’orientation.

Source SNMTh

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