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L’île de la Rose : une République à la mer

Temps de lecture : 2 minutes

 

Voici la folle histoire d’une île pas comme les autres.

Revenons dans les années 1960, et plus précisément en 1964. Un ingénieur italien du nom de Giorgio Rosa est autorisé à tester une nouvelle technique de construction dans la mer Adriatique, à seulement quelques kilomètres de la côte est de l’Italie. Giorgio imagine alors un projet fou pour sa plateforme de 400 mètres carrés, perchée à 26 mètres au-dessus des eaux sur des pilotis en fer. Pourquoi ne deviendrait-elle pas une République, une micro-nation ?

Une vision utopiste et anticonformiste

Convaincu par son idée, et convaincant, Giorgio embarque quatre de ses amis ainsi que des ouvriers dans la construction de son île artificielle. Le projet passe alors du rêve à la réalité. Problème : cette ambition déplaît aux autorités italiennes… Qu’à cela ne tienne, cette superstructure sera installée dans les eaux internationales, hors de toute juridiction. Et ça tombe bien, car c’est l’occasion de devenir indépendant. Dans le sens propre du terme.

L’ingénieur fonde ainsi une micro-nation : la République espérantiste de l’île de la Rose. Nous sommes en 1968 et Giorgio Rosa devient le premier Président de la République espérantiste de l’île de la Rose. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Il choisit ensuite un gouvernement, crée sa propre monnaie et même ses timbres. Le dialecte officiel du micro-État est l’espéranto, langue internationale parlée aujourd’hui par plus de 2 millions de personnes à travers le monde.

Une micro-nation insulaire éphémère

Sur place, l’ambiance est à la fête : bar, restaurant, boîte de nuit, mais aussi commerces et magasins de souvenirs font de cet îlot celui du bonheur. Dans le sillage du mouvement hippie, un vent de liberté et de légèreté souffle sur les eaux méditerranéennes. Et ça, ce n’est pas du goût de la classe politique italienne !

Comment mettre fin à ce nouveau régime politique qui met à mal celui du continent ? En l’accusant de calomnie. L’île serait un paradis fiscal. Pire, elle cacherait des sous-marins espions russes…

Cinquante-cinq jours plus tard, tout est fini. Les forces militaires débarquent, prenant d’assaut le micro-État. Et c’est à coup de dynamite que le rêve de cet utopiste rebelle s’achève, laissant sombrer ses vestiges au fond de la mer Méditerranée.

© Isoladellerose

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